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Des algorithmes chez Couche-Tard

L’intelligence artificielle utilisée pour établir le prix de l’essence

Alain Bouchard
Photo d'archives, Chantal Poirier Alain Bouchard, cofondateur d’Alimentation Couche-Tard, a présidé hier l’assemblée des actionnaires du détaillant, tenue en format virtuel.

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Un outil d’intelligence artificielle développé en partie au Québec déterminera bientôt combien vous paierez votre litre d’essence.

Au cours des derniers mois, Alimentation Couche-Tard a déployé cette innovation dans plus de 500 stations-service aux États-Unis. L’Institut de valorisation des données (IVADO) de Montréal, un organisme à but non lucratif financé par les gouvernements, a participé à la mise au point de la technologie.

« Historiquement, nous établissions le prix de l’essence en nous fiant surtout sur celui du concurrent au bout de la rue, relate au Journal le PDG de Couche-Tard, Brian Hannasch. Ça ne tenait pas compte d’éléments comme : est-ce qu’il pleut ? Est-ce un jour de congé ? Est-ce qu’il y a des travaux routiers ? Nous faisons des erreurs, nous faisons des choses qui ne sont pas dans nos meilleurs intérêts et qui ne sont peut-être pas, non plus, dans les meilleurs intérêts de nos clients. »

L’intelligence artificielle « nous permet de tenir compte d’une grande quantité de données qui serait très difficile à digérer pour un humain », précise-t-il.

Couche-Tard prévoit tester la technologie au Canada au cours des prochains mois. Qui sait, les puissants algorithmes d’IVADO pourraient aider l’entreprise à tirer son épingle du jeu alors que les ventes d’essence sont toujours à la traîne, pandémie oblige.

Prime de 2,50 $

M. Hannasch ne sait pas encore s’il rétablira la prime horaire de 2,50 $ que l’entreprise a versée à ses salariés au printemps dans l’éventualité d’une deuxième vague.

« Si c’est la bonne chose à faire, nous allons le faire », se borne-t-il à dire.

Même si Couche-Tard a récemment mordu la poussière dans deux projets d’acquisition, en Australie et aux É.-U., l’entreprise continue d’examiner des possibilités dans ces deux pays ainsi qu’en Asie et en Europe.

Le président du conseil de Couche-Tard, Alain Bouchard, se réjouit de l’entrée récente du détaillant québécois dans le club sélect des 200 plus grandes entreprises mondiales, établi par le magazine Forbes.

« On ne s’est jamais fixé cet objectif-là, lance-t-il. Mais maintenant, tentons d’atteindre les 100 premiers ! »

Les actions à droits de vote multiples qui donnent le contrôle de Couche-Tard à ses quatre fondateurs s’éteindront l’an prochain. Malgré tout, M. Bouchard a bon espoir que le siège social demeurera au Québec.

« J’espère que nos familles s’entendront pour maintenir » la participation de 23 % qu’elles détiennent actuellement dans le capital-actions de l’entreprise, confie l’homme de 71 ans.