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Plus de 5000 déversements d'eaux usées à Trois-Rivières en trois ans

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Les réactions ont été vives tout au long du déversement d'eaux usées des dernières semaines à Trois-Rivières. Or, l'incident cache une réalité encore plus sombre. Selon les données du ministère de l'Environnement, Trois-Rivières s'est retrouvée en situation de surverse à plus de 5000 occasions au cours des trois dernières années, avec 1683 incidents en 2019, 1487 en 2018 et 1949 en 2017. 

Pour Mylène Vallée, directrice générale au Comité ZIP Les Deux rives, la situation vécue à Trois-Rivières est similaire à ce qui se vit dans l'ensemble du Québec.

«Quand il mouille, tous les systèmes ne sont pas capables d'absorber toutes ces eaux usées là», a-t-elle expliqué, jeudi, à TVA Nouvelles.

S'il est difficile d'évaluer avec précision les impacts de ces nombreux incidents sur l'environnement, les conséquences sont bien réelles. Le professeur en sciences de l'environnement de l'Université du Québec à Trois-Rivières François Guillemette observe que ce sont sur les rives qu'aboutissent inévitablement tous les déchets retenus dans les eaux usées.

Des solutions existent pour minimiser les conséquences du rejet des eaux usées dans nos cours d'eau. Le chimiste de l'environnement Marc Olivier plaide que l'installation de bassins d’accumulation à même les stations de pompage est efficace pour retenir les eaux en situation de surverse.

À la Ville, on dit prendre la situation au sérieux. Guillaume Cholette-Janson affirme que le plan triennal de la Ville prévoit des investissements pour diviser les systèmes d'eaux usées et les canalisations d'eaux pluviales.

Le ministère de l'Environnement suit, par ailleurs, la situation de près. Les municipalités sont tenues de rendre compte de tout incident de surverse survenu sur leur territoire, chose que Trois-Rivières a toutefois omis de faire au cours des derniers mois. À la Ville, on explique le retard par les circonstances induites par la crise de la COVID-19.

Montréal a produit son plus récent rapport en juillet dernier, Bécancour, Nicolet, La Tuque et Québec au mois d'avril, Shawinigan l'a produit au mois de mars et Trois-Rivières en février, accusant six mois de retard.

La loi est claire, les données doivent être transmises au plus tard dans les 42 jours après la fin du mois, faute de quoi la Ville peut être mise à l'amende.