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Thomas dans sa bulle

L’Américain s’installe en tête de l’Omnium des États-Unis en ronde initiale

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Photo AFP Justin Thomas a écrit son nom dans le livre de l’Omnium américain en vertu de sa performance au Winged Foot, jeudi.

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Justin Thomas voue un grand respect au parcours ouest de Winged Foot. Celui-ci l’en a remercié, jeudi, lors de la première ronde de l’Omnium des États-Unis, pour qu’il s’empare de la tête. 

L’Américain de 27 ans était littéralement dans sa bulle, accompagné de nul autre que de Tiger Woods et de la jeune étoile Collin Morikawa. Le Tigre semble être devenu son porte-bonheur depuis deux ans puisqu’il enregistre toujours de bons scores à ses côtés. 

Jeudi, avec sa carte de 65 (-5), Thomas n’a pas uniquement survolé le plateau et dompté la redoutable Miss Winged Foot, il a écrit son nom dans le livre d’histoire de l’Omnium américain. 

Il s’agit de la troisième meilleure ronde initiale depuis 1895 et, qui plus est, la meilleure enregistrée sur ce parcours qui présente un sixième championnat. 

Dans ce livre de l’Association américaine de golf (USGA), Winged Foot est habituellement associé à des palmarès beaucoup plus sévères que les meilleures rondes.  

En contrôle de son arsenal

Tout a cliqué dans le jeu de Thomas, qui s’est signalé du tertre au vert. Pas besoin de faire un grand dessin quand on sait que la clé du succès au US Open, c’est de placer la balle dans les allées, de frapper des coups de fer précis et d’user de délicatesse sur les verts. Le golfeur a respecté son plan de match tout en faisant la cour à Mlle Foot

Six oiselets, dont trois de suite du 9e au 11e fanion, et un boguey plus tard, il a réalisé l’une de ses meilleures performances depuis fort longtemps.

« C’est une excellente journée depuis mon réveil. J’ai offert du jeu très solide en frappant des coups de grande qualité des tertres. Et quand j’ai raté, je l’ai fait aux bons endroits pour pouvoir sauver les normales. C’est ce qu’il faut faire dans ce tournoi », a relaté le golfeur aux 13 titres professionnels, qui en est à sa sixième présence à l’Omnium américain.

Curieusement, cette citation vient de celui qui prédisait des bizarreries sur ce parcours en marge du championnat. Il s’attendait à en baver, mais accueillait le défi avec enthousiasme et plaisir. Mardi, on pouvait presque évoquer un sadomasochisme.

Deux jours plus tard, c’est plutôt lui qui a sorti le fouet. « Un 65, c’est plaisant, peu importe où l’on joue, spécialement ici », a signalé celui qui a affiché un taux de précision de 64 % depuis les tertres et de 78 % à l’approche des fanions. 

« J’étais dans un bon état d’esprit, a enchaîné celui qui a dosé son agressivité selon ses opportunités. J’ai collé à ma routine et joué chaque coup plutôt que de m’emballer. C’est l’une de ces rondes qui se déroulent tellement rapidement. L’exécution était là et j’ai callé les roulés. »

Avec 17 rondes derrière la cravate à l’Omnium, cette carte vient au second rang. En troisième ronde à Erin Hills en 2017, il avait joué 63 (-7).

Deux trous d’un coup

Auteur d’un trou d’un coup au 7<sup>e</sup> fanion, Patrick Reed et le Japonais Hideki Matsuyama marchent d’un pas alerte vers le tertre de départ du trou numéro 8.
Photo AFP
Auteur d’un trou d’un coup au 7e fanion, Patrick Reed et le Japonais Hideki Matsuyama marchent d’un pas alerte vers le tertre de départ du trou numéro 8.

On a vu plusieurs coups fumants dans cette première journée de compétition, dont des longs roulés et des approches coupées parfaites trouvant le fond de la coupe. Mais la palme revient à Patrick Reed et à Will Zalatoris. 

Les deux Américains ont réussi un trou d’un coup au 7e fanion, une normale 3 mesurant 165 verges. 

Will Zalatoris marchait comme sur un nuage jeudi. L’Américain a réussi un trou d’un coup au 7<sup>e</sup> trou et a même failli répéter l’exploit au        13<sup>e</sup> fanion quand la tige a repoussé sa balle.
Photo AFP
Will Zalatoris marchait comme sur un nuage jeudi. L’Américain a réussi un trou d’un coup au 7e trou et a même failli répéter l’exploit au 13e fanion quand la tige a repoussé sa balle.

Et Zalatoris a bien failli répéter son exploit au 13e quand la tige a repoussé sa balle. 

Dans le cas de Reed, c’était le second de sa carrière professionnelle. Dommage qu’il l’ait réussi dans un tournoi disputé à huis clos, surtout dans la région de New York. 

« Ç’aurait été complètement débile. Les amateurs de New York sont incroyables. Canner de l’allée ou un as, c’est dément. Ce trou d’un coup devant eux aurait été une belle expérience, a souligné le vainqueur du Masters 2018. C’est malgré tout une belle réussite. » 

Et l’arme choisie à 165 verges ? Un fer 9 frappé à 90 % de sa puissance. La balle a bondi à 15 pieds de la coupe avant d’aussitôt disparaître. 

Treize golfeurs à la chasse

Reed, auteur d’une carte de 66 (-4), ne figure qu’à un petit coup de retard de Thomas, en tête. Il partage le second rang avec le Belge Thomas Pieters et l’Américain Matthew Wolff. 

« Un 66 en ronde initiale d’un championnat majeur indique que tu as fait les bonnes choses et joué solidement. Il reste toutefois encore un long chemin à parcourir avec 54 trous à jouer. 

« Je dois continuer d’attaquer et respecter mon plan, a-t-il ajouté. Si j’essaie de jouer trop conservateur, je peux aussi me placer dans le trouble sur un parcours semblable. »

Rory McIlroy, Lee Westwood et Louis Oosthuizen pointent derrière à -3.  

Tiger de mauvais poil

Tiger Woods a grimacé à maintes reprises lors de sa ronde jeudi. Il a connu une ronde initiale ardue avec une carte de 73.
Photo AFP
Tiger Woods a grimacé à maintes reprises lors de sa ronde jeudi. Il a connu une ronde initiale ardue avec une carte de 73.

Une fin de ronde initiale en queue de poisson a frustré Tiger Woods jeudi matin, à Winged Foot. Un boguey suivi d’un double boguey au 18e fanion lui ont retroussé le poil sur le dos.

Ces gaffes sur un parcours intraitable l’ont fait reculer loin au classement en vertu de sa carte de 73 (+3). 

Il faut dire que le Tigre en a eu plein sa crinière au fil de sa ronde. La malchance l’a suivi sur le neuf d’ouverture alors qu’il a raté quatre allées par quelques pouces. L’épaisse herbe longue l’a contraint à trois bogueys. 

Sans s’emporter, sa patience a fini par payer quand un long roulé de 31 pieds, bon pour un oiselet, est tombé dans la coupe du
9e fanion, une normale 5. 

Le premier de trois moineaux de suite grâce à deux autres roulés de 24 et 19 pieds, respectivement. 

Cette séquence endiablée a pris fin sur le vert du 12e, l’autre normale 5 du parcours ouest de Winged Foot, quand un roulé d’une dizaine de pieds a refusé de tomber pour un autre oiselet. 

Il a enchaîné avec trois bogueys et un double boguey pour terminer, sans oublier son sixième oiselet au 16e trou grâce à une bombe de 41 pieds. 

Une première ronde en montagnes russes pour le triple champion de l’Omnium américain. 

Opportunité loupée 

« Je n’ai assurément pas terminé comme j’aurais dû le faire. J’ai fait une tonne de bons roulés en milieu de ronde. Il semble que la majorité de mes coups de départ sur le premier neuf ont atterri dans l’allée et terminé leur course dans de mauvaises positions dans l’herbe longue. J’ai essayé de rester patient et j’ai mal conclu la journée », a expliqué celui qui ne voulait rien entendre des points positifs. 

Parmi ceux-ci, on a observé la bonne coopération de son vieux et fidèle fer droit. Celui qu’il avait laissé dans le placard au Championnat de la PGA d’Amérique, en août. 

Jeudi, Tiger a effectué 29 roulés sans s’enfarger sur les surfaces complexes et pentues de Winged Foot. 

Woods a manqué une excellente occasion de s’imposer, car selon ses propos, le parcours était « fantastiquement » configuré. 

« Les fanions sont placés à des endroits justes, car ils auraient pu être beaucoup plus difficiles. Les opportunités d’oiselets sont nombreuses. En regardant les pointages, on observe que les gars en ont profité. »

Il s’élancera en deuxième ronde sur le coup de 13 h 27, vendredi après-midi. 

Conners et Pendrith dans le portrait 

Finir avec un oiselet laisse toujours un meilleur goût en bouche, surtout à Winged Foot. Le Canadien Corey Conners peut en témoigner alors que le sien lui a permis de grimper une trentaine d’échelons au tableau.

Et que dire de son jeune compatriote Taylor Pendrith, qui a mis un point d’exclamation à la sienne avec un aigle ! Les deux Ontariens ont chacun remis une respectable carte de 71 (+1). 

Il s’agit d’un coup de mieux que ceux d’Adam Hadwin et de Mackenzie Hughes, qui ont terminé avec un 72. 

« J’adore la configuration de Winged Foot. Elle s’épouse à mon jeu, a fait savoir Conners, satisfait de sa ronde bien qu’il aurait préféré plonger sous la normale.  

« J’ai bien joué avec mon bois de départ en main, même si j’ai manqué des allées, a ajouté celui qui affiché une précision de 50 %. Je devrai garder la balle dans l’allée en deuxième ronde. De cette façon, je serai en meilleure posture. Si j’évite les erreurs, je serai dans la course. » 

Déjà une marque améliorée à Winged Foot 

Cette 120e édition de l’Omnium des États-Unis n’est vieille que d’une ronde qu’elle fait déjà un pied de nez à certains égards à celle de 2006, aussi présentée à Winged Foot. 

Il y a 14 ans, les golfeurs avaient enregistré, au total, 12 pointages sous la normale. Cette fois, 21 joueurs ont plongé dans le rouge dès la ronde initiale, ce qui est inhabituel sur un parcours aussi redoutable. 

En première ronde, le record établi est de 44 pointages sous la normale, sur le très long parcours d’Erin Hills en 2017.

Jeudi, les golfeurs ont entre autres expliqué les bons scores par la configuration juste du parcours et sa tendreté. L’absence de vent toute la journée et le couvert nuageux en après-midi ont évité le dessèchement des surfaces, dont les rapides verts escarpés. Il reste tout de même très compliqué.

On peut s’attendre à ce que l’Association américaine de golf décide d’élever le degré de difficulté au fil des prochains jours afin de ramener les scores près de la normale.