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Cour suprême américaine: décès de la juge Ruth Bader Ginsburg

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La doyenne de la Cour suprême des États-Unis Ruth Bader Ginsburg est décédée, vendredi, à l’âge de 87 ans, ce qui devrait ouvrir la voie à une intense bataille politique à moins de deux mois de la présidentielle.

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Cette juge progressiste, devenue une véritable icône à gauche, est morte des suites d’un cancer du pancréas, entourée par sa famille, a annoncé la plus haute juridiction des États-Unis dans un communiqué. 

Le président américain, Donald Trump, a salué la «vie exceptionnelle» de la juge Ruth Bader Ginsburg.

Fragile depuis quelques années, cette championne de la cause des femmes, des minorités ou encore de l’environnement avait été hospitalisée à deux reprises cet été et sa santé était suivie de près par les démocrates, qui craignent que le président Donald Trump s’empresse de nommer son successeur.

La Maison-Blanche n’a pas immédiatement réagi, mais l’inquiétude s’est rapidement exprimée dans l’opposition.

Quelques instants à peine après l’annonce de son décès, le chef des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, a salué une «géante de l’Histoire américaine», mais demandé à ne pas précipiter le choix de son successeur.

«Le peuple américain doit avoir son mot dans la sélection du prochain juge de la Cour suprême. Son poste ne doit pas être attribué tant que nous n’avons pas un nouveau président», a-t-il tweeté.

Selon la radio NPR, elle avait elle-même confié ses dernières volontés à sa petite fille, Clara Spera. «Mon vœu le plus cher est de ne pas être remplacée tant qu’un nouveau président n’aura pas prêté serment», lui a-t-elle dicté quelques jours avant sa mort.

Extrêmement populaire

Soucieux de galvaniser les électeurs de la droite religieuse, Donald Trump a déjà publié une liste de juges conservateurs, pour la plupart opposés à l’avortement et favorables au port d’armes, dans laquelle il piochera pour choisir le prochain sage de la Cour suprême.

Selon la Constitution, il reviendrait alors au Sénat d’avaliser le choix du président. Compte tenu de la majorité républicaine à la chambre haute, il est très possible, sauf défection d’élus modérés, que son candidat entre au sein du temple du Droit.

Cela cimenterait la majorité conservatrice de la haute juridiction, qui a le dernier mot sur les sujets qui divisent le plus la société américaine: avortement, droit des minorités, port d’armes, peine de mort...

Aujourd’hui, les cinq juges conservateurs – sur neuf – ne font en effet pas bloc, et il est fréquent que l’un d’entre eux vote avec ses confrères progressistes. 

À l’inverse, le quatuor progressiste, dont la juge surnommée «RBG» était la figure la plus connue, vote souvent de concert pour défendre le droit des femmes à avorter, des homosexuels à se marier ou des immigrés.

Nommée en 1993 à la haute cour par le président Bill Clinton, Ruth Bader Ginsburg était devenue extrêmement populaire malgré le sérieux de sa fonction. Grâce à son positionnement en phase avec les aspirations des plus jeunes, elle les avait conquis, au point de gagner le surnom de «Notorious RBG» en référence au rappeur Notorious BIG.

Photo AFP

Malgré son positionnement à gauche, républicains et démocrates lui ont immédiatement rendu hommage. «La juge Ginsburg a ouvert la voie à tant de femmes, moi compris. Il n’y aura jamais personne comme elle. Merci RBG», a tweeté l’ancienne candidate à la présidentielle Hillary Clinton.

Elle «était une pionnière, passionnée par ses causes, elle a servi avec honneur et distinction la Cour suprême», a renchéri le sénateur républicain Lindsey Graham, un proche du président.

Le chef républicain du Sénat prêt à organiser un vote si Trump nomme un successeur à la juge RBG        

Le chef républicain du Sénat a déclaré qu’il organiserait un vote à la chambre haute du Congrès si Donald Trump nommait, avant l’élection du 3 novembre, un successeur à la doyenne de la Cour suprême, Ruth Bader Ginsburg, décédée vendredi.

AFP

«Nous avons promis de travailler avec le président Trump et de soutenir son programme, notamment ses choix remarquables pour les postes de juges fédéraux», a déclaré Mitch McConnell dans un communiqué. «Une nouvelle fois, nous tiendrons notre promesse. Le candidat du président Trump aura droit à un vote dans l’enceinte du Sénat des États-Unis.»

Réactions   

L'ancienne première dame des États-Unis Hillary Clinton lui a rendu hommage sur Twitter. 

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a également rendu hommage à Mme Bader Ginsburg sur Twitter.

 

Trump salue la «vie exceptionnelle» de la juge  

Trump a salué la «vie exceptionnelle» de la juge à la Cour suprême Ruth Bader Ginsburg, après avoir appris, à l’issue d’un déplacement de campagne dans le Minnesota, son décès vendredi à l’âge de 87 ans.

«Elle vient de mourir? Je n’étais pas au courant. Elle a mené une vie exceptionnelle», a réagi le président républicain, qui était sur scène en train de faire un discours dans la ville de Bemidji dans le Minnesota, au moment où la haute cour annonçait la mort de la juge. 

Donald Trump, qui s’est dit «triste» d’apprendre cette nouvelle, n’a été mis au courant du décès de la magistrate qu’à la fin de son meeting de campagne, quelques minutes avant d’embarquer dans l’avion présidentiel. 

Le drapeau américain a été mis en berne à la Maison-Blanche «en l’honneur» de la magistrate, surnommée RBG, a plus tard annoncé la porte-parole de l’exécutif Kayleigh McEnany, saluant «une pionnière pour les femmes». 

Les drapeaux ont également été mis en berne au Congrès américain, a annoncé la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi.

Tout près du Congrès, une foule a commencé à se rassembler devant le bâtiment de la Cour suprême, allumant des bougies. Quelques centaines de personnes étaient présentes pour rendre hommage à cette icône de la gauche américaine, ont constaté des journalistes de l’AFP.

L’annonce de la mort de RBG ouvre la voie à une intense bataille politique à moins de deux mois de la présidentielle, les démocrates redoutant que le président Trump cherche à la remplacer par un autre juge, assurément conservateur, avant l’élection présidentielle du 3 novembre. 

Donald Trump ne s’est pas encore exprimé sur ses intentions à ce sujet.