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Fini le fun à Winged Foot

Bubba Watson
Photo AFP Bubba Watson

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C’était prévisible que le parcours de Winged Foot montre les crocs, vendredi, après une ronde initiale particulièrement « facile » la veille. Un défi bien différent attendait les 144 golfeurs participant à l’Omnium des États-Unis.

Le vent omniprésent et des fanions beaucoup plus délicats à approcher ont compliqué la tâche. Si bien que, dans la vague matinale, uniquement deux golfeurs ont réussi à briser la normale. Bryson DeChambeau (68) et Bubba Watson (69) en ont ainsi profité pour gagner de précieux rangs au tableau principal pendant que leurs collègues en ont bavé. 

D’autres ont littéralement souffert. Miss Winged Foot n’a montré aucune pitié. Au fil de la journée, on a aperçu les scores grimper. Si un seul joueur avait joué plus de 79 la veille, vendredi, ils étaient 11 au-delà du 80. Le Coréen Sung Kang a remporté la palme avec un 86 (+16), notamment en raison de cinq doubles bogueys. 

Il peut se consoler, car il est loin du titre. En 1898, J.D. Tucker avait enregistré un 157 en première ronde de l’Omnium. 

Évidemment, les gros scores ont fait bondir la moyenne quotidienne. 

En ronde initiale, marquée par des positions de drapeaux plus accessibles et l’absence de vent, le plateau avait présenté une moyenne de 72,56 coups. 

Dans les statistiques acheminées par l’Association de golf américaine (USGA) en fin de soirée, le pointage moyen de la deuxième ronde a grimpé à 75,25 coups. Le plateau a réussi 28 % d’oiselets en moins alors que les bogueys ont augmenté de 25 %. 

Seulement trois golfeurs ont brisé la normale alors qu’ils étaient 21 en première ronde.

Selon tous les golfeurs questionnés en point de presse, c’est dame Nature et des fanions bien protégés dans de petits cadrans des verts qui ont changé la donne. Les vents soufflant jusqu’à 25 km/h ont nui aux trajectoires en plus d’assécher les surfaces avec l’arrivée du soleil en après-midi. Les verts escarpés et ultra rapides de Winged Foot sont ainsi devenus démoniaques. Une combinaison demandant une délicatesse exemplaire. 

Rien ne sera facile

Et le tout ne fera qu’empirer ce week-end alors que Winged Foot est muni d’un système d’aération enfoui qui contrôle la température du sol des verts. Des surfaces desséchées et fermes signifient qu’elles gagnent en vitesse. 

Il faut ajouter à cela que l’herbe longue de 3,5 à 5 pouces d’épaisseur ne devrait pas être taillée. 

Après deux rondes, une donnée indique qu’une balle qui s’y égare a coûté en moyenne près d’un demi-coup par trou.

« Je sens que je me suis défoncé hier [jeudi] et j’ai tout juste brisé la normale », a précisé Xander Schauffele, auteur d’un 68 (-2) jeudi et d’un 72 (+2), vendredi. « Dans cette deuxième ronde, j’ai vraiment senti que nous sommes dans un US Open. Ça, je le confirme. »

Figurant dans le top 10, Matthew Wolffe s’attend à un week-end endiablé. « Si on m’avait dit en début de semaine que je serais à égalité avec la normale après 36 trous, j’aurais aussitôt accepté. On voit les verts se raffermir et cuire sous le soleil. Ça va se détériorer et les scores vont continuer à grimper. »

La table est ainsi mise pour les adeptes de « sadomasochisme golfique » et des téléspectateurs qui salivent à voir les golfeurs en arracher. C’est dans l’ADN du US Open.