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Walmart souligne l’importance de ses fournisseurs québécois

La multinationale maintient les « frais exorbitants » aux fournisseurs québécois

André Lamontagne
Photo Stevens LeBlanc André Lamontagne

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Le géant américain Walmart n’a pas l’intention de reculer et d’annuler ses hausses de frais à ses 1100 fournisseurs québécois, malgré la demande d’enquête de l’Union des producteurs agricoles (UPA).

« Nous sommes d’avis que le programme est équitable et que Walmart et ses fournisseurs peuvent continuer de grandir ensemble », a résumé Steeve Azoulay, porte-parole de la division canadienne de Walmart. 

Vendredi, Le Journal a révélé que l’Union des producteurs agricoles (UPA) a fait parvenir une demande d'enquête au Bureau de la concurrence du Canada pour faire la lumière sur les récentes hausses de frais du géant américain.  

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En gros, l’UPA ne digère pas que Walmart Canada veuille imposer des « frais de développement des infrastructures » de 1,25 % et de « développement du commerce électronique » de 5 %, pour un total de 6,25 %.

Le syndicat craint que les agriculteurs et les transformateurs se voient refiler une facture de 100 millions $ à 465 millions $ si toutes les grandes bannières vont de l’avant avec les mêmes hausses de frais que Walmart.

Décision réfléchie

Or, vendredi, Walmart a indiqué que son partenariat avec ses fournisseurs était une « décision d’affaires réfléchie » pour continuer d’offrir de bas prix.

Le géant américain Walmart est d’avis que l’industrie de la vente au détail est en pleine évolution et que la façon de travailler avec ses fournisseurs doit changer. Sur la photo, un magasin Walmart de l’arrondissement Saint-Léonard à Montréal.
Photo Pierre-Paul Poulin
Le géant américain Walmart est d’avis que l’industrie de la vente au détail est en pleine évolution et que la façon de travailler avec ses fournisseurs doit changer. Sur la photo, un magasin Walmart de l’arrondissement Saint-Léonard à Montréal.

Le géant américain a rappelé qu’il vient d’annoncer un investissement de 3,5 milliards $, qui devrait avoir des retombées sur le commerce en ligne, la construction de magasins, l’approvisionnement et la distribution.

« Ce programme permet de compenser une très faible portion des coûts d’investissement de Walmart », a voulu préciser la multinationale.

Walmart a souligné l’importance de ses 1100 fournisseurs québécois desquels elle a acheté près de 3 milliards $ de produits et marchandises l’an dernier et la présence de 1500 articles certifiés Aliments du Québec en magasin.

Nationalisme économique

De son côté, le ministre de l’Agriculture du Québec, André Lamontagne, a dit être en lien avec le grand patron de la multinationale au pays. 

« Je suis en contact avec le président et chef de la direction de Walmart Canada M. Horacio Barbeito et son équipe depuis leur annonce. J’ai des discussions en parallèle avec d’autres détaillants pour m’assurer que le dialogue demeure ouvert avec leurs fournisseurs québécois », a-t-il indiqué.

Pour sa part, la chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Dominique Anglade, n’a pas manqué d’accuser le premier ministre, François Legault, de rester les bras croisés face au géant américain. 

« Où est le nationalisme économique de François Legault lorsque nos entreprises agricoles sont attaquées par ce géant américain de la distribution ? Poser la question, c’est y répondre. Absent », a-t-elle déploré.