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Le compte à rebours

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Marc Bergevin affirme que son organisation gardera l’œil ouvert au cours des prochaines semaines afin que la conjoncture économique n’entrave à aucun moment le modèle d’affaires modifié à la suite de la pandémie.

Sur le plateau de JiC, sur TVA Sports, mardi, dans le cadre d’une entrevue menée d’une main de maître par Jean-Charles Lajoie, le directeur général du Canadien a soulevé des points intéressants, répondant du même coup à quelques interrogations.

• Le propriétaire Geoff Molson ne lui a jamais imposé un plafond salarial d’entreprise, et cette politique sera toujours en vigueur en dépit des événements des derniers mois. Il dépensera des millions de dollars si les discussions avec ses homologues de la LNH lui permettent d’obtenir ce qu’il recherche avant tout. Sans doute un ailier au gabarit répondant à la tendance actuelle.

• Il avait une idée bien arrêtée en faisant l’acquisition de Joel Edmundson maintenant lié au Canadien pour les quatre prochaines années. Maintenant, il peut envisager des négociations où il pourra lancer l’hameçon chez les directeurs généraux à la recherche d’un jeune défenseur prometteur, pas tellement dispendieux, et il aura aussi quelques choix à offrir.

• Il ira faire du shopping au marché des joueurs autonomes sans restriction. Il sait que des aubaines piqueront la curiosité des directeurs généraux ayant un compte de banque bien garni.

Bref, pour l’instant, il n’a pas tardé à se manifester avec deux transactions lui assurant plus de stabilité à deux positions : il compte maintenant sur une brigade défensive améliorée et aussi il a deux gardiens capables de faire toute la différence avec l’arrivée de Jake Allen.

Edmundson donne à Bergevin l’espace pour manœuvrer. Le nom de Jesse Puljujarvi, premier choix des Oilers d’Edmonton, en 2016, quatrième au total, alimente les rumeurs. Il a connu une excellente saison en Finlande, 53 points en 56 matchs, il fait 6’4’’, 201 livres, et, selon les décideurs du Canadien, il pourrait s’avérer un ailier de premier plan aux côtés de Jesperi Kotkaniemi.

Les Oilers sont à la recherche d’un défenseur et ils cherchent également à amenuiser leur masse salariale. Il est clair maintenant que Victor Mete et Brett Kulak apparaissent dans la vitrine.

Et Bergevin dispose de plusieurs choix de repêchage.

Focus sur Lapierre

Au 16e rang, à l’encan des meilleurs joueurs amateurs, Bergevin sait très bien qu’il va recruter un patineur qui n’atteindra pas la Ligue nationale avant quelques saisons. Mais, en coulisses, on soutient que le Tricolore pourrait bien se prévaloir de son choix pour réclamer Hendrix Lapierre, des Saguenéens de Chicoutimi. Sera-t-il disponible au 16e rang ? Possible puisque la santé de Lapierre, victime de quelques commotions cérébrales, inquiète bien des recruteurs. Le Canadien est-il prêt à prendre une chance ? On croit que oui. Rappelons que Lapierre avait obtenu 11 points en cinq matchs lors du tournoi Hlinka/Gretzky, l’an dernier.

Bergevin a l’intention d’attaquer sur tous les fronts, et cela veut dire tenter sa chance une autre fois sur le marché des joueurs autonomes avec restriction. Ça n’a pas fonctionné l’an dernier, mais personne ne lui a lancé des roches pour avoir empiété, en principe, sur une zone interdite. Au contraire.

Domi, Gallagher et Danault

Et dans les dossiers chauds qui l’attendent, ceux de Max Domi, de Brendan Gallagher et de Phillip Danault, certains devront faire des compromis. Le plafond salarial ne bougera pas avant deux, peut-être trois ans. Par conséquent, il y aura moins de dollars à la disposition des patineurs. Le jeu des comparaisons ne sera plus le même. Domi est le plus vulnérable. Danault se retrouve dans une situation délicate. Gallagher : Bergevin estime que même quand il ne marque pas, il exerce un impact majeur au sein de l’organisation. Mais il y a aussi des limites à respecter.

Est-il bousculé par un compte à rebours ?

Il dit non.

Mais le contexte l’invite à réagir très rapidement.

Carey Price vieillit, 33 ans, Shea Weber vieillit, 35 ans. Jeff Petry aura 33 ans en décembre.  

Et malgré les succès, enfin, malgré la surprise causée par le Canadien, en août, il y a encore des brèches à colmater.

On saisit chez lui un optimisme guidé par les performances de Nick Suzuki et Jesperi Kotkaniemi. Il y a à peine 12 mois, à l’ouverture du camp d’entraînement, on lui reprochait justement d’avoir loupé l’opportunité d’embaucher un centre de haut niveau, après l’échec de Sebastian Aho.

Maintenant, il croit en posséder deux qui, espère-t-on, assureront l’avenir de l’organisation.

Mais attention, pour éloigner l’inconnu, Bergevin devra profiter d’une situation qui lui semble très favorable.