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Le discours de Gettysburg

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Le 19 novembre 1863, le président Abraham Lincoln prononce à Gettysburg en Pennsylvanie l’un des discours les plus importants de l’histoire de son pays. Au moment où il s’apprête à prononcer une dizaine de lignes, 272 mots en tout, le pays est toujours ravagé par la guerre. 

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En deux minutes à peine, il rappelle à ses concitoyens qu’il leur appartient de décider si le pays maintiendra un gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. En parcourant la chronique de Pierre Martin hier, je n’ai pas manqué de relever qu’il présente la Pennsylvanie comme la clef de voûte de l’élection 2020. Tout comme ce fut le cas en 1863, c’est là que le vent pourrait tourner. 

Une maison divisée

S’il peut paraître alarmiste d’envisager un conflit de l’ampleur de la guerre fratricide qui débute en 1860, il ne faudrait pas négliger l’importance des divisions au sein de la société américaine. Les violences qui défraient la chronique depuis des semaines devraient servir d’avertissement.

Jamais en plus de 25 ans d’enseignement de l’histoire des États-Unis, je n’ai été aussi inquiet pour notre voisin, ce partenaire auquel nous sommes encore très liés pour le meilleur et pour le pire. Comme John F. Kennedy le soulignait si bien : «La géographie a fait de nous des voisins. L’histoire a fait de nous des amis. L’économie a fait de nous des partenaires. Et la nécessité a fait de nous des alliés.»

Un peu comme ce fut le cas avant le déclenchement de la guerre en 1860, plusieurs Américains craignent pour ce qu’ils considèrent être la disparition de leur mode de vie et de leurs valeurs. Dans un pays où l’évolution démographique est rapide, ils ont peur d’être oubliés. Conservateurs comme progressistes montent aux barricades et réagissent parfois violemment.

Si on se souvient que le Sud ouvre les hostilités parce qu’il veut préserver une économie et une société qui reposent sur l’exploitation des esclaves, on oublie souvent qu’il le fait en réaction à des résultats d’élection qu’ils refusent d’accepter. Abraham Lincoln est élu sans obtenir de votes des grands électeurs du Sud. Pour les sudistes, c’est le cul-de-sac, le point de non-retour.

La crainte exprimée plus haut repose sur le fait que démocrates et républicains ont déjà annoncé qu’ils pourraient remettre en question les résultats. On commence à peine à voter que déjà on envisage le pire. Ce serait une erreur que sous-estimer cette réalité, les quatre dernières années démontrent que les deux camps ne reculeront devant rien.

Qui pourra calmer le jeu ?

Pour clore, je vous laisse avec ce questionnement : en supposant qu’on accepte le résultat de l’élection du 3 novembre, quel homme a les meilleures chances d’unir le pays ou de rapprocher ses concitoyens ? 

Qui pourra livrer un «nouveau discours de Gettysburg», mais cette fois avant que n’éclate le conflit ? Plus que 46 jours pour trouver la réponse...