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Reed résiste à la bête

L’Américain s’empare de la tête dans des conditions difficiles en deuxième ronde

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Photo AFP Patrick Reed a consulté son caddie Kessler Karain à l’approche du 17e trou, vendredi.

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Patrick Reed n’a pas livré sa meilleure performance lors de la deuxième ronde de l’Omnium des États-Unis, vendredi à Winged Foot. Son brio autour des verts et sa ténacité l’ont par contre récompensé. Il s’est emparé de la tête dans des conditions très différentes de la veille.

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Même si l’Américain s’est contenté de la normale, une carte de 70 très respectable compte tenu des vents soutenus et de la configuration plus complexe du parcours de Mamaroneck, il est installé dans le siège du conducteur grâce à sa fiche cumulative de -4. 

Moins précis avec sa grosse mailloche, Reed s’est formidablement tiré d’impasse en livrant une véritable clinique de jeu court. À quelques exceptions près, tout lui a souri depuis la haute fardoche ceinturant les verts et dans les fosses de sable. Et une fois sur la surface, son fer droit a complété le travail comme une arme de destruction massive. 

Vingt-cinq roulés ont suffi. Sur des verts aussi rapides et redoutables, cela relève du génie. Avec une moyenne de 1,39 roulé par vert après 36 trous, il mène sans surprise le plateau à ce chapitre. 

« J’étais plus évasif depuis les tertres, mais je sentais que j’étais tout de même en bonnes positions pour atteindre les verts ou les approcher depuis l’herbe longue afin de pouvoir sauver des normales avec mon jeu court », a signalé celui qui a touché seulement 50 % des verts en coups réguliers.

Justin Thomas, qui a reculé au troisième rang vendredi, prend son élan sous le regard de Tiger Woods qui n’a pu échapper à la coupe.
Photo AFP
Justin Thomas, qui a reculé au troisième rang vendredi, prend son élan sous le regard de Tiger Woods qui n’a pu échapper à la coupe.

À force de bûcher

En cumulant trois bogueys à l’aller, Reed a bien vu qu’il n’offrirait pas sa meilleure performance. Mais il a su naviguer en rapaillant tous les éléments de son jeu. Il a compensé ses cinq bogueys avec cinq moineaux.

« Signer une carte de 70 dans une journée pareille, c’est très positif. C’est aussi prometteur pour le week-end, a témoigné celui qui adore bûcher pour faire son chemin au tableau des meneurs. J’aime quand le défi est ardu et qu’il faut être créatif avec tous les bâtons dans son sac. »

À l’aube de cette troisième ronde, Reed possède une courte priorité d’un coup sur son compatriote américain Bryson DeChambeau, auteur de la meilleure carte de la journée en vertu d’un 68 (-2). Les deux golfeurs seront donc réunis dans le dernier groupe prenant le départ à 14 h 25 samedi après-midi. 

Vétéran golfeur émérite de la PGA, Phil Mickelson observe où a abouti sa balle au deuxième trou. Malheureusement, un autre qui a vu son tournoi se terminer vendredi.
Photo AFP
Vétéran golfeur émérite de la PGA, Phil Mickelson observe où a abouti sa balle au deuxième trou. Malheureusement, un autre qui a vu son tournoi se terminer vendredi.

Style différent

Le « Scientifique fou » avait surpris la galerie en marge du championnat quand il avait livré sa stratégie. Sans retenue, il relâcherait son monstrueux kraken, son bois de départ, à chaque occasion des tertres. 

Une tactique qui semble payer puisqu’il montre un taux de précision de 50 % depuis les jalons. Vendredi, DeChambeau a aussitôt répondu à quatre de ses cinq bogueys avec des oiselets. Il a de plus inscrit un aigle au drapeau final. 

« C’est important de garder la cadence. J’en ai besoin pour bien jouer, spécialement dans le cadre du US Open. J’ai réussi à le faire », a expliqué avec assurance celui qui se démarque aussi par son jeu de fers à Winged Foot. Avec sa puissance herculéenne, il empoigne plutôt rarement ses fers longs sur ce parcours de 7477 verges... 

« Ma stratégie est de cogner aussi fort que je le peux avec mon bois de départ, car je peux en tirer avantage sur plusieurs trous. Il faut toutefois frapper avec précision. Si la balle se promène partout, les chances d’oiselets depuis l’herbe longue sont plus rares. »

Meneur à l’issue de la première ronde, Justin Thomas a reculé au troisième rang en raison d’une carte de 73 (+3). Au cumulatif de -2, il le partage avec Rafa Cabrera Bello et Harris English. Selon lui, rien n’est perdu, surtout sur un parcours semblable. 

Les Canadiens Adam Hadwin et Taylor Pendrith occupent le 33e rang à +5.

Dernier tour de piste de Lefty ?

Le couperet est tombé à +6, et a écarté entre autres des rondes finales les Canadiens Corey Conners (71-76) et Mackenzie Hughes (72-76). Le champion en titre Gary Woodland, Justin Rose et Phil Mickelson ont subi le même sort. 

Dans le cas de Lefty, on peut se demander s’il n’a pas effectué son dernier tour de piste à l’Omnium américain. Âgé de 50 ans, il devra travailler d’arrache-pied pour assurer sa présence l’an prochain à Torrey Pines grâce aux exemptions octroyées. Chose certaine, il a déjà mentionné qu’il n’accepterait aucun traitement de faveur.

Déçu de sa performance à +13, celui qui a terminé à six reprises au second rang voit ainsi partir en fumée son rêve de compléter le Grand Chelem.