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Un rare ouragan méditerranéen frappe la Grèce

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ATHÈNES | L’ouest de la Grèce était touché, vendredi, par un ouragan méditerranéen ou «médicane», rare phénomène météorologique, accompagné de pluies torrentielles et de violentes rafales, qui est attendu dans la région d’Athènes dans la nuit. 

Inondations, coupures de courant, chutes d’arbres: de Zante à Céphalonie, en passant par Corfou, les îles paradisiaques de la mer Ionienne, entre l'Italie et la Grèce, n’ont pas été épargnées vendredi au petit matin.

«Les arbres tombent partout», a déclaré la préfète des îles ioniennes, Rodi Kratsa, à la télévision publique ERT.

Un bateau transportant 55 migrants a envoyé un message de détresse au large des côtes du Péloponnèse, à l’ouest du pays, ont rapporté les gardes-côtes grecs dans la matinée.

«Pour la première fois, nous ne sommes pas en mesure d’envoyer de vaisseau pour l’aider», a déclaré à l’AFP une porte-parole des gardes-côtes. Mais d’autres bateaux se trouvant à proximité ont été prévenus et «approchaient le bateau pour l’aider», a-t-elle ajouté sans autre précision en fin d’après-midi.

L’ouragan, baptisé Ianos, «devrait frapper l’ouest [de la Grèce] avec la même intensité» et atteindre la péninsule du Péloponnèse vendredi soir, puis «commencer à se déplacer vers le sud», a ajouté Mme Kratsa. Il est attendu dans la région d’Attique, qui comprend Athènes, dans la nuit.

L’Observatoire national d’Athènes prévoyait, dans la matinée, «encore 36 heures» difficiles.

Il semble cependant que «le cyclone Ianos soit moins fort que prévu, bien que toujours en cours», a déclaré à l’AFP Efthymios Lekkas, professeur de gestion des catastrophes naturelles à l’Université d’Athènes.

Il sera «considérablement affaibli» en atteignant la région d’Athènes à partir de minuit, a-t-il ajouté.

Par précaution, plus de 800 migrants logeant dans trois camps près d’Athènes doivent être déplacés, selon le ministère des Migrations.

Les 778 demandeurs d’asile des camps d’Elaionas, de Malakasa et de Schisto devaient être transférés dans une salle de conférence d’Athènes, tandis que 28 mineurs du camp de Skaramanas seront temporairement relogés dans un hôtel, précisait vendredi matin un communiqué du ministère.

Les cyclones plus fréquents «qu’avant»

Deux vols Ryanair qui devaient atterrir sur l’île de Céphalonie ont dû être déroutés vers Athènes, et les liaisons maritimes pour et vers l’île ont été interrompues.

Les îles d’Ithaque et de Zante ont également connu des coupures de courant et une partie de leurs routes ont été coupées à la circulation, tandis que Corfou et Leucade étaient aussi touchées, dans une moindre mesure, par les intempéries.

Un bateau de plaisance suisse amarré à Ithaque a été emporté par les vagues, mais ses deux passagers ont pu regagner la côte, selon l’agence de presse grecque ANA. Un autre bateau a coulé dans le port de Zante, mais ses passagers – belges – sont sains et saufs, a de son côté indiqué Mme Kratsa.

La protection civile grecque a appelé à remettre tout déplacement non essentiel dans la région et à éviter de se tenir dans les caves ou les sous-sols, plus propices aux inondations.

Le professeur Lekkas a précisé que les cyclones étaient «relativement rares dans la région, la mer Méditerranée n’étant pas aussi large que l’Atlantique et le climat ne les favorise pas».

«Cependant, au cours des trois dernières années, depuis 2017, trois cyclones se sont manifestés, à un rythme significativement plus rapide qu’auparavant», a expliqué l’expert qui se demande «si c’est dû au changement climatique». «Nous ne pouvons le dire avec certitude, même si ça y ressemble».

La Grèce a déjà connu un ouragan en 2018, qui avait fait deux morts sur l’île d’Eubée.

En 2017, des inondations ont fait plus de 20 morts à l’ouest d’Athènes dans des intempéries parmi les plus graves de l’histoire récente de la Grèce.