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Génération COVID-19

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Pour prendre au sérieux la gestion de la crise sanitaire, il nous faut élargir notre vision de la situation. À court terme, il s’agit de limiter la contagion et d’éviter le débordement du système hospitalier.

Mais on l’a vu avec la rentrée des classes, plus les semaines passent et plus nous sommes obligés de réfléchir aux effets psychologiques et sociologiques de la gestion de la pandémie. 

Jeunesse

On en notera déjà un : la normalisation de la délation comme comportement socialement acceptable a de quoi inquiéter. On en notera un autre : l’agressivité qui monte et qui pourrait faire passer la violence du monde virtuel au monde réel. 

Mais c’est du point de vue de la jeune génération qu’on s’inquiétera le plus. 

Au moment où l’avenir devrait se présenter comme une promesse, on lui envoie plutôt des signes de détresse. 

Le monde dans lequel elle entre est fondamentalement anxiogène. 

Les rendez-vous amicaux ou amoureux sont jugés suspects. Les moments de dépassement comme les rencontres sportives sont plus qu’encadrés. Elle ressent aussi, assurément, l’angoisse des adultes qui ne peuvent plus lui offrir un cadre protecteur. 

Il en est de même pour les jeunes adultes, qui croyaient se lancer dans la carrière, et qui découvrent devant eux sinon un grand vide, du moins une forêt d’incertitudes. Trop facilement, on les accuse de tomber dans l’égoïsme parce qu’ils veulent vivre comme les gens de leur âge. 

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Psychose

Manifestement, la COVID-19 est là pour un moment. Il nous faudra apprendre à vivre avec ce virus. On ne saurait en nier les effets destructeurs, comme le font certains irresponsables. On ne saurait non plus en faire la seule réalité appelée à écraser toutes les autres. 

Il nous faudra vivre autrement que sous une cloche de verre en attendant le vaccin rédempteur. Cela devrait nous inciter à ne pas confondre la sécurité sanitaire et la psychose sanitaire.