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Génération COVID-19: inquiet pour l’avenir des services publics

Mathieu Kazan Xanthopoulos
Photo Francis Halin Mathieu Kazan Xanthopoulos, étudiant à l’Université Concordia et directeur québécois de l’engagement jeunesse de Génération sacrifiée, est inquiet de l’avenir financier du pays.

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Des jeunes craignent que la dette historique qui pèsera sur leurs épaules ces prochaines années vienne mettre en péril un jour le système de santé public.

• À lire aussi: Génération COVID-19: «Je me lance dans le néant»

« Je suis très inquiet en tant qu’étudiant. Si la dette continue d’augmenter, les intérêts aussi vont augmenter et à un moment, on va devoir couper dans des services comme la santé », va jusqu’à dire Mathieu Kazan Xanthopoulos.

L’étudiant à l’Université Concordia est aussi directeur québécois de l’engagement jeunesse de Génération sacrifiée, un projet de la Fédération canadienne des contribuables visant à mobiliser les jeunes pour sauver leur avenir économique et financier. 

Comme lui, plusieurs ont écrit au Journal afin de faire part de leur inquiétude grandissante.

Des milliards en dette

D’après le scénario du 18 juin dernier du Directeur parlementaire du budget, la dette fédérale du Canada s’établissait à 706,1 milliards $ à la fin de l’exercice 2019‐2020 et pourrait atteindre 962,1 milliards $ en 2020‐2021. 

« Le gouvernement Trudeau et les gouvernements passés ont créé une pandémie économique dans le pays, qui nous touche encore plus fort que le coronavirus », ajoute M. Kazan Xanthopoulos du tac au tac. 

Pour le professeur au Département des sciences économiques de l’ESG-UQAM Philip Merrigan, il faut relativiser cette dette, qui se compare à celle d’autres pays et qui n’a rien d’alarmant. 

Pour ce qui est du déficit qui s’est creusé, le scénario catastrophe peut encore être évité si on ne revit pas une deuxième vague de COVID-19 de la même ampleur que la première.

« Si on refait des déficits du même ordre, on va commencer à être dans des zones plus dangereuses. Si le gouvernement fédéral refait un autre déficit de 300 milliards $, attention », a analysé l’expert en économie du travail.

Selon lui, la Prestation canadienne d’urgence (PCU) et les programmes de subvention salariale instaurés par Ottawa ces derniers mois pèsent lourd, mais ils sont ponctuels et s’effriteront avec le temps. Toutefois, il ne faut pas que l’on rejoue dans le même film.

« Si on revivait le même déficit de cette année l’an prochain, si le gouvernement fédéral faisait une deuxième Prestation d’urgence pour le confinement, on deviendrait dans une zone périlleuse », prévient Philip Merrigan.

Des économies ?

L’étudiant en sciences humaines au Cégep du Vieux Montréal Luca Desgagné-Doyon estime que les mesures fiscales d’Ottawa ont sauvé la vie des gens, même s’il pense que certaines entreprises ont pu profiter de la crise pour faire le grand ménage dans leurs rangs. 

« On s’est donné une excuse avec la pandémie pour remplacer les travailleurs humains par des trucs qui se font à distance ou la machine. Ça revient tellement moins cher pour les compagnies », a-t-il analysé.  

Dette fédérale

Selon le scénario du 18 juin 


2018-2019 2019-2020 2020-2021
Milliards $ 685,5 706,1 962,1
% du PIB 30,8 % 30,6 % 44,4 %

Source : Directeur parlementaire du budget

L’endettement doit interpeller tous les citoyens 

L’explosion de la dette n’a rien d’anodin et pourrait avoir des impacts majeurs sur nos services publics, estime la professeure à l’École nationale d’administration publique, à Montréal, Marie-Soleil Tremblay.

Les jeunes ont-ils raison de s’inquiéter de l’augmentation rapide de la dette publique ? 

Les jeunes et l’ensemble des citoyens doivent être interpellés par l’endettement qui peut limiter notre capacité collective à faire des choix futurs qui auront un impact déterminant sur la société de demain et qui peuvent également limiter la prestation de services publics, notamment en santé et en éducation. 

On dit que le problème est à Ottawa et non à Québec, est-ce vrai ? 

Alors qu’on prévoit une augmentation de la dette de 13,4 % au Québec, l’augmentation prévue par le Directeur parlementaire du budget [à Ottawa] en juin dernier était de l’ordre de 36,2 %. Bien entendu, plusieurs des mesures d’intervention financière telles que la subvention salariale et la Prestation canadienne d’urgence sont des interventions fédérales.  

Au Québec, ça va donc mieux ?

Au niveau provincial, on voit que la situation n’est pas la même. Au provincial, on passe d’un surplus de 5,6 milliards $ (5,569 G$) au 31 mars 2020 à un déficit projeté de 12,4 G$ (-12,373 G$) au 31 mars 2021. À titre informatif, selon les comptes publics, le surplus au 31 mars 2019 était de 8,3 G$.


Différence entre déficit et dette

« Le déficit est la situation dans laquelle les revenus du gouvernement sont inférieurs aux dépenses. Dans le cas contraire, on parlerait de surplus. »
« [La dette] se définit comme l’ensemble des emprunts effectués par l’État résultant de l’accumulation des déficits au fil du temps. Ceux-ci ne pourront être remboursés qu’avec des surplus. »

– Marie-Soleil Tremblay, professeure à l’École nationale d’administration publique 

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.