/news/coronavirus
Navigation

Dernière mise à jour :

Suivez les derniers développements
Voir les derniers chiffres >

Québec

Nombre de cas

Canada

Nombre de cas

Monde

Nombre de cas

Décès

Génération COVID-19: un travail de rêve qui s’envole en fumée

Certains nouveaux diplômés ont même décidé de réorienter leur carrière

Teressa Hernandez-Truesdell,
Photo Francis Halin Teressa Hernandez-Truesdell a dû laisser tomber son emploi de rêve en raison de la pandémie. Elle est devenue serveuse, mais elle n’a pas pu joindre les deux bouts. La jeune femme de 27 ans s’est alors tournée vers la Prestation canadienne d’urgence.

Coup d'oeil sur cet article

Des dizaines de milliers de jeunes Québécois ont perdu leur boulot de rêve en un claquement de doigts quand la COVID-19 est venue saigner l’économie de la province le printemps dernier.

• À lire aussi: Génération COVID-19: «Je me lance dans le néant»

« Avant la pandémie, j’avais décroché un emploi que je voulais depuis vraiment longtemps. Je l’ai eu. La COVID-19 est arrivée, et je l’ai perdu », soupire Teressa Hernandez-Truesdell, qui gagnait 50 000 $ par année en développement des affaires dans le secteur touristique.

Comme elle, des dizaines de milliers de jeunes ont vu leur rêve s’envoler en fumée quand la COVID-19 a mis le « Québec sur pause ». Du jour au lendemain, fini le travail de rêve, fini le salaire de rêve. Retour à la case départ.

Entre mars et juin, la jeunesse a été durement frappée. 

« Les jeunes de 15 à 24 ans ont été les plus touchés avec une baisse de près de 25 % de leur volume d’emploi ou de 132 000 emplois durant la période analysée », note l’Institut de la statistique du Québec (ISQ).

Pour Teressa Hernandez-Truesdell, diplômée d’une maîtrise en tourisme, le choc a été brutal. Pas question cependant de regarder le train passer quand les restaurants se sont mis à rouvrir.

« J’ai travaillé jusqu’en mai, poursuit la jeune femme de 27 ans. Quelques mois après, j’étais en train de virer folle à me tourner les pouces dans mon salon, [bénéficiant de la Prestation canadienne d’urgence] alors je suis allée travailler comme serveuse. » 

Au plus fort de la crise, les pertes de jobs dans les industries de l’hébergement et de la restauration se chiffraient à près de 100 000, selon l’ISQ. Et la deuxième vague qui est à nos portes n’augure rien de bon.

Génération plus touchée 

Selon Mircea Vultur, spécialiste du travail et de l’insertion professionnelle à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), la jeune génération y a goûté. 

« Il y a beaucoup d’entreprises qui sont maintenues en vie artificiellement, alors les jeunes diplômés vont subir cet impact-là encore », avance-t-il. 

Plus de la moitié des jeunes gagnant moins de 12,50 $ l’heure ont perdu leur travail entre février et avril, comparativement à 45 % pour la population active générale, souligne-t-il. Même ceux qui gagnaient plus de 21 $ l’heure ont été plus nombreux à être touchés (27 %) que le reste des citoyens (20 %). 

Retour à l’école 

Pour s’en sortir, plusieurs nouveaux diplômés... reviennent sur les bancs d’école. 

« On le voit déjà, le nombre d’inscriptions au cégep et à l’université explose de 5 à 10 % », note M. Vultur. 

C’est le cas de Teressa Hernandez-Truesdell, qui vient de commencer un microprogramme de deuxième cycle en intelligence d’affaires à l’école de gestion HEC Montréal pour s’ouvrir des portes.

« Le tourisme est l’industrie que j’aime le plus au monde, alors ça me fait un peu de la peine. Est-ce que cela va revenir comme avant ? On ne le sait pas, mais je reste optimiste », conclut-elle.  

EMPLOIS PERDUS (ENTRE MARS ET JUIN)

  • 15-24 ans : 132 300
  • 25-54 ans : 211 700
  • 55 ans et plus : 103 100

Total 447 100

Femmes : 53% Hommes : 47%

Secteurs touchés 

  • restauration 
  • hébergement 
  • commerce de détail 

Source : l’Institut de la statistique du Québec, août 2020


Dans le secteur privé, le nombre de jeunes travailleurs de 15 à 34 ans a fondu de 788 000 à 612 000 entre février et avril 2020, en chute de 22,3 %. En comparaison, le secteur public s’en est mieux sorti avec une baisse de 8,4 %, de 214 300 à 196 400, selon une étude du mois dernier de la Chaire-réseau de recherche sur la jeunesse du Québec. 

« Tout le monde est dans un état de commotion » 

L’économiste principale du Mouvement Desjardins, Joëlle Noreau, est d’avis que les jeunes qui sont sous le choc ont le droit d’espérer une embellie ces prochaines années sur le marché du travail. Elle a accepté de répondre à nos questions.

Ont-ils raison de s’inquiéter du marché de l’emploi ? 

La situation actuelle est temporaire. Il y a une vague encore plus forte que cela, qui est la vague démographique. C’est fort. Ce n’est pas quelque chose que l’on va pouvoir renverser à brève échéance. On ne pourra pas remplacer si facilement les gens qui partent à la retraite. La situation actuelle pourrait avoir des effets sur les départs précipités à la retraite. 

Donc les jeunes devraient tirer leur épingle du jeu ? 

On s’en va vers des sociétés de plus en plus technos. Les jeunes sont, pour la plupart, nés avec ces outils. Ils sont pas mal plus adaptés que ceux qui ont développé ces compétences un peu plus tard. Le travail se transforme. On se base sur la situation passée, parce que c’est celle que l’on connaît. Par exemple, dans le commerce de détail, il y aura plus de postes en entrepôt que sur le plancher en magasin. 

Mais est-ce que les jeunes trouveront du travail facilement ? 

Il y a encore des besoins criants. On peut penser à la construction, à la santé. Les métiers techniques demeurent en demande. C’est sûr que tout le monde est dans un état de commotion présentement. Je ne dis pas qu’ils n’ont pas raison de s’inquiéter. Recevoir un choc comme celui-là, c’est quelque chose, c’est gros. On a connu ça dans les années 1980. Je les comprends, les jeunes, de s’inquiéter, mais l’horizon se dégage et ils ont de bonnes raisons d’espérer.

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.