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Le futur totalitaire de Sébastien-D. Bernier

Sébastien-D. Bernier
Photo Chantal Poirier

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Un huis clos toxique. Voilà comment Sébastien-D. Bernier décrit Asphyxies, son premier roman. Transposition littéraire d’une pièce de théâtre qu’il a lui-même écrite et dirigée, ce premier volet d’une trilogie de science-fiction transporte dans un monde où l’artificiel l’emporte sur l’humanité. 

La déshumanisation de la société et l’idée de personnes âgées, fragiles et vulnérables délaissées par celle-ci : on pourrait croire que l’auteur résidant dans le quartier Verdun à Montréal a été inspiré par la récente pandémie pour écrire Asphyxies. L’histoire de ce premier roman se trouve pourtant en lui depuis près de 20 ans, alors que la découverte des univers d’Edgar Alan Poe, Philip K. Dick et Issac Asimov faisait naître son désir d’écrire. De la science-fiction surtout et des histoires noires aux touches de lumière comme il aime en lire. 

« J’aime bien parler de la déshumanisation, de la société qui évolue et qui comprime les êtres humains de façon à ce qu’ils deviennent des produits à son service, explique-t-il. C’est beaucoup là-dessus que j’avais envie d’écrire. Une espèce de société totalitaire futuriste que personne ne considère comme telle, mais qui en est tout de même une. »

Oppression

Dans le monde opprimant l’humain que l’auteur de 47 ans a imaginé, la compassion et l’empathie sont mises de côté au profit du bon fonctionnement de la société. Les personnes fragiles et vulnérables se trouvent carrément rejetées.  

« La population ne se promène plus à l’extérieur. Les gens se téléportent pour se déplacer, du moins ceux qui ont assez d’argent pour s’abonner à un service de téléportation public. Les gens qui marchent dans la rue sont les défavorisés. Les citoyens ont complètement abandonné le pouvoir politique et se laissent diriger par l’intelligence artificielle. Ce sont des androïdes, des méga ordinateurs, qui gèrent la société. Ce qui mène à des situations absurdes et cruelles. »

L’écrivain promet une ambiance métallique et assez sombre, sans toutefois tomber dans le cynisme ou le pessimisme. « Il y a de beaux moments dans le roman », assure-t-il. 

Le côté lumineux, on le retrouve dans la rencontre de deux personnages que tout sépare : une personne âgée et une femme membre d’une cellule criminelle. Leur lien d’amitié se transformera en véritable révélation alliant chaleur humaine et découverte de soi. 

La réalité, la fiction

S’il convient être un brin inquiet du sort de la race humaine dans notre société bien réelle, Sébastien-D. Bernier garde tout de même espoir. Car l’histoire d’Asphyxies se déroule en 2093, dans un futur encore bien lointain. 

« La société a encore le temps de changer de cap et de prendre des décisions différentes pour éviter que ce genre de situation survienne », croit-il. 

En attendant de voir ce que l’avenir réserve, son prochain roman – dont le titre de travail est « Volontés » – est déjà quasi achevé. Ce qu’on en sait ? Que les trois volets de la série proposeront des histoires prenant place à cette même époque lointaine, se déroulant toutefois dans des contextes totalement différents. 

Asphyxies<br/>
Sébastien-D. Bernier<br/>
Éd.Sémaphore<br/>
250 pages
Photo courtoisie
Asphyxies
Sébastien-D. Bernier
Éd.Sémaphore
250 pages