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Pas facile d’acheter Bleu

Hélicoptère Bell 206 de la SQ
Photo courtoisie « Allez dire aux Québécois de choisir les fraises du Québec, maintenant... »

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On peut toujours compter sur la CAQ pour opposer des idées simples à un problème complexe.

Dans une série d’entrevues accordées lors de sa rentrée, le premier ministre François Legault exprimait son intention de remplacer la mention « made in China » par « fabriqué au Québec ». Il faisait référence à « toutes sortes de produits qu’on importe de la Chine, mais aussi de l’Europe et des États-Unis ».

Est-ce que ça compte pour les hélicoptères ? Parce que, cette semaine, on a appris que, pour remplacer l’appareil de la SQ qui s’est abîmé cet hiver dans le lac Saint-Jean, on avait opté pour un engin Airbus usagé, assemblé en Allemagne.

Allez dire aux Québécois de choisir les fraises du Québec, maintenant...

Compétitif

Au ministère des Transports, qui a piloté la transaction, on justifie par un souci d’économie et un délai de mise en service plus court la décision de ne pas commander un hélicoptère à Bell Textron, qui assemble ses appareils à Mirabel. L’entreprise, qui fait travailler 1200 personnes à son usine, s’apprête d’ailleurs à mettre 75 travailleurs à pied.

La porte-parole de Bell assure pourtant que l’entreprise aurait pu offrir un prix compétitif aux 13,1 millions versés par Québec pour l’achat – sans appel d’offres, faut-il le préciser – de l’appareil d’Airbus. On attire également l’attention sur le fait que tous les appareils du gouvernement jusqu’ici étaient des modèles conçus par Bell, ce qui impliquera donc la création d’une nouvelle plateforme de formation.

Mais bon, à Québec, le gouvernement de la CAQ prétend lui-même avoir opté pour le moins cher et le plus rapide.

Exactement le contraire de ce qu’on demande aux Québécois de faire, en fait. Parce que quand on achète quelque chose qui a été produit au Québec, ça se peut qu’on paye un peu plus cher, mais on fait le pari qu’on profitera des retombées. Ça se peut qu’il y ait moins d’inventaire disponible, mais on se dit qu’on peut attendre un peu pour acheter local.

Mais avec notre argent, François Legault ne fait pas ce qu’il demande aux Québécois.

Plus performant

Il faut aider les entreprises québécoises à être plus compétitives. Quand il s’agit de commerce en ligne, par exemple, comment les amener à offrir des délais de livraison qui, sans nécessairement égaler ceux d’Amazon, s’y comparent ?

Ce qu’on a proposé, jusqu’ici, c’est Le
Panier Bleu, une plateforme qui recrée en ligne ce que les Pages Jaunes offraient déjà. Ça ne correspond plus à la manière dont les gens magasinent et surtout pas avec celle dont on achète sur internet. Tout le concept a manifestement été pensé par des gens qui ne vont jamais sur le web, en fait.

Les entreprises québécoises souffrent de la pandémie et du confinement. On veut qu’elles profitent des opportunités offertes par cette crise. Voilà un défi complexe.

Pour le relever, François Legault propose une idée simple : fabriquons et produisons davantage au Québec. Bravo !

Le problème, c’est qu’il ne sait pas comment faire pour que ça arrive. Ça commence par un gouvernement qui donne l’exemple quand vient le temps d’acheter un hélicoptère. Des décideurs qui ont une stratégie intelligente pour favoriser la commercialisation en ligne.

Malheureusement, ce n’est pas ça qu’on a au Québec présentement.