/sports/soccer/impact
Navigation

Réalité parallèle

SOC-MLS-SPO-142204580
Photo AFP Joueur étoile des Red Bulls de New York, Thierry Henry saluant la foule du Red Bull Arena après avoir marqué en mars 2012 .

Coup d'oeil sur cet article

Les membres de l’Impact vont certainement vivre un moment un peu irréel dimanche soir puisqu’ils vont recevoir le Union de Philadelphie... au Red Bull Arena.

Pandémie et règles strictes à la frontière canadienne obligent, les équipes canadiennes sont forcées à l’exil pour poursuivre la saison 2020.

Pour les trois prochaines rencontres, Thierry Henry et ses hommes seront sur la côte Est des États-Unis, où ils visiteront aussi le Revolution de la Nouvelle-Angleterre en plus de recevoir les Red Bulls de New York... dans leur propre domicile, le Red Bull Arena. Ça ne s’invente pas.

En plus de ne pas vraiment être à domicile, le Bleu-blanc-noir va devoir affronter une des meilleures équipes de la MLS, le Union (6-2-3), qui n’a subi que deux revers cette saison.

Qui plus est, la formation de Philadelphie présente la troisième défensive du circuit Garber avec seulement dix buts accordés. Ça ne sera vraiment pas un match facile pour les Montréalais.

Émotif

Pour Thierry Henry, ce sera un retour dans un stade qu’il connaît puisqu’il a porté les couleurs des Red Bulls de New York.

« Pour moi, personnellement, retourner là-bas, ça va me faire quelque chose parce que j’y ai joué pendant quatre ans et demi. »

Mais ça s’arrête là puisque pour le reste, ça ne risque pas de changer grand-chose, selon lui.

« Pour mon équipe, personne n’a joué pour les Red Bulls, et je suis coach maintenant. Alors ça n’a rien à voir. » 

Henry admet toutefois que tout le monde aurait préféré, et de loin, disputer cette rencontre au Stade Saputo.

« C’est sûr que ça aurait été mieux de rester à la maison, mais il faut respecter les règlements qui sont en place actuellement. On n’a pas la possibilité de rester à la maison, contrairement aux équipes américaines,qui peuvent rester dans leur traintrain. »

« Ça sera très difficile de se sentir à la maison parce qu’il n’y aura pas de partisans. Quand on a joué devant seulement 250 partisans au Stade Saputo, c’était quand même la maison, on se sentait chez nous », a pour sa part avancé Luis Binks.

Le jeune arrière anglais reconnaît que la situation ne plaît à personne, surtout à certains coéquipiers qui ont des familles.

« Ce n’est pas idéal, personne n’a envie de ça, mais on veut jouer des matchs. Ce n’est pas très difficile pour un gars comme moi qui est seul à Montréal, mais pour ceux qui viennent d’avoir des enfants comme Sam [Samuel Pierre], Saph [Saphir Taïder] et Rudy [Camacho], ça sera plus compliqué. »

Absents

L’équipe devra se débrouiller sans Emanuel Maciel et Rudy Camacho. Le premier purgera le second match de sa suspension découlant d’un carton rouge contre les Whitecaps, dimanche dernier.

Le second est lui aussi suspendu pour avoir reçu un carton rouge lors du match de mercredi.

Et leur absence va forcer Thierry Henry à revoir sa copie. Et c’est surtout vrai dans le cas de Camacho, arrière central qui a été remplacé par Rod Fanni mercredi soir.

Mais voilà, le vétéran de 38 ans, et joueur le plus âgé de la MLS a peu joué cette saison. Ça serait un peu risqué de le lancer dans la mêlée contre le Union.

« On ne sait pas encore qui va jouer. On a travaillé ce matin pour voir un peu comment on va jouer », a indiqué Henry lors de son point de presse vidéo samedi.

Une chose est toutefois sûre, Luis Binks sera à son poste encore une fois même si les matchs se succèdent rapidement.

« Je n’ai pas de raison d’être fatigué, je suis jeune et je me sens bien. Si je peux jouer tous les matchs, je serai ravi. »


Le match de mercredi contre le Revolution de la Nouvelle-Angleterre, qui devait avoir lieu à 19 h 30, a été devancé à 17 h.

Le Union demeure prudent 

Jim Curtin sait bien que l’Impact n’a pas eu une semaine facile, mais il se garde une petite gêne quand vient le temps d’analyser son adversaire.

« Ce n’est pas un secret qu’ils ont joué récemment à plusieurs milliers de kilomètres et qu’ils doivent maintenant jouer dans un stade qui n’est pas le leur », a indiqué l’entraîneur-chef de l’Union de Philadelphie lors d’une visioconférence.

« C’est beaucoup d’ajustements pour eux et ce n’est pas évident. Mais ils ont un bon effectif avec de la profondeur.

« Mais il est vrai que les exigences à l’endroit des joueurs sont élevées pour tous les joueurs de la ligue en ce moment et on voit qu’il commence à y avoir plus de blessures. »

Motivation

Par ailleurs, même si son équipe a eu une semaine complète pour préparer cette rencontre pendant que le Bleu-blanc-noir jouait à l’autre bout du continent, Curtin estime que les joueurs de l’Impact ont peut-être un élément de motivation qui échappe aux observateurs.

« Je suis sûr qu’ils sont fébriles de ne pas affronter Toronto et Vancouver, alors ils vont sûrement être motivés. Ils en ont sans doute assez d’affronter ces deux équipes. »

Il a par ailleurs noté que la façon dont cette équipe est dirigée la rend difficile à affronter, même pour une équipe qui occupe le second rang de l’Association Est.

« Thierry Henry a su bien organiser cette équipe et elle est difficile à faire plier. Son équipe a été dangereuse dans la zone offensive, nous en aurons donc plein les bras. »

Discipline 

Le Union représente une belle surprise dans la MLS depuis quelques années. De fait, on ne devrait peut-être plus parler de surprise.

Cette équipe est en hausse et Jim Curtin fait du très bon travail pour faire progresser un groupe de jeunes joueurs qui sont entourés de bons vétérans. 

Mais c’est une formation qui commet beaucoup de fautes et qui a déjà récolté une trentaine de cartons jaunes. En comparaison, l’Impact n’en a reçu que 15.

Curtin vit toutefois très bien avec le côté combatif et abrasif de son groupe.

« Nous avons reçu beaucoup de cartons jaunes et ça me va, même si je préférerais qu’on n’ait pas reçu ceux un peu plus inutiles pour avoir argumenté avec l’officiel. » 

Curtin a du respect pour Henry

Jim Curtin semble être un homme fort sympathique et respectueux. Il n’a d’ailleurs pas hésité à louanger son homologue Thierry Henry.

« Quand on parle de Thierry Henry, on parle d’une icône de notre sport. Je pense qu’il croit à la MLS de même que dans les joueurs américains et canadiens, ce qui en dit beaucoup sur un entraîneur avec son pedigree.

« Dans les brèves interactions que j’ai eues avec lui, c’est un homme intelligent qui respecte le jeu et c’est un gagnant. »

Une bonne préparation 

Pendant que l’Impact jouait à Vancouver en milieu de semaine, le Union n’a pas joué depuis samedi dernier.

« Je suis certainement heureux d’avoir une semaine complète afin de préparer l’équipe, mais si on regarde nos performances au cours des dernières années, on gère assez bien les matchs disputés le mercredi », souligne Jim Curtin.

« On aime le rythme qu’imposent ces matchs en milieu de semaine parce que notre équipe y réagit bien. »