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Omnium des États-Unis: Hercule déjoue le diable

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Photo AFP Bryson DeChambeau embrassant le trophée après sa victoire au U.S. Open.

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Qu’on y croie ou non, Bryson DeChambeau a prouvé sa théorie en livrant une étincelante performance pour mettre la patte sur le trophée de l’Omnium des États-Unis, dimanche. 

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La puissance brute l’a emporté sur la tradition prônant la précision et le contrôle. L’Américain de 27 ans au corps transformé depuis le printemps afin de frapper la balle aussi loin que la lune a savouré sa première conquête majeure. 

Bryson DeChambeau en action au 14<sup>e</sup> trou dimanche, lors de la ronde finale du U.S. Open.
Photo AFP
Bryson DeChambeau en action au 14e trou dimanche, lors de la ronde finale du U.S. Open.

En brandissant sa grosse mailloche avec force vers les allées étroites et hasardeuses du redoutable club de Winged Foot, à Mamaroneck, DeChambeau a liquidé la compétition et mis au tapis un parcours renommé autant pour sa difficulté que son intransigeance. 

En ronde finale dimanche, il a ramené la seule carte sous la normale avec un score de 67 (-3). Et sa fiche cumulative de -6 est la seule écrite en rouge au tableau. Un fait d’armes notoire puisque seuls trois golfeurs l’ont réussi dans les six éditions présentées à Winged Foot. Il a ainsi devancé par six coups son plus proche rival, Matthew Wolffe, et par huit le vétéran Louis Oosthuizen.

La puissance incarnée

Cette victoire, ce n’est pas uniquement celle de DeChambeau, aussi surnommé « Mad Scientist ». C’est celle d’une nouvelle théorie que le golfeur de 6 pi 1 po et 230 ou 235 livres – dépendamment de ce qu’il a englouti – applique depuis plus de trois mois. Celle de libérer une puissance phénoménale depuis les tertres. Un débat qui promet de perdurer pendant des années. 

« Je crois que je suis en train de changer la philosophie du jeu. C’est une tout autre histoire de savoir si tout le monde peut le faire. Je ne freinerai pas mes avancées. La semaine prochaine, je vais tester des bois munis de tiges de 48 pouces et nous essaierons différents design de têtes de bâton afin de frapper des coups de départ de 360 ou 370 verges, qui sait », a signifié le champion tout en buvant son verre de lait au chocolat en conférence de presse.

Si puissant soit-il des tertres avec sa moyenne de 325,6 verges cette semaine, DeChambeau a pris le septième rang à ce chapitre. C’est plutôt Dustin Johnson qui a mené le plateau avec des frappes de 333,6 verges. Et le nom du Canadien Taylor Pendrith a figuré au troisième échelon à 331,9 verges. 

Jusqu’à tard samedi soir, DeChambeau a claqué des longues balles au champ d’exercices afin de peaufiner son élan. Une bonne affaire puisqu’il a catapulté des missiles en trouvant 43 % des allées. Depuis l’herbe longue, sa force ne l’a qu’aidé à approcher les fanions bien protégés et se défaire de ses rivaux. 

« Aussi difficile ce parcours était-il, je l’ai joué merveilleusement bien. Même dans l’herbe longue, j’ai géré mon jeu. »

Par cette victoire, il espère avoir ouvert les yeux des bonzes de l’Association de golf des États-Unis. Sa stratégie de toujours frapper avec force l’a récompensé. « Je dis à tout le monde que c’est un avantage de frapper très loin », a rappelé le champion qui défendra son titre à Torrey Pines l’an prochain, un parcours de 7800 verges.

Rendez-vous raté avec l’histoire

Avec trois coups de priorité avant de prendre le départ, Wolffe avait rendez-vous avec l’histoire. S’il avait conservé sa cadence, il aurait accolé son nom à celui de Francis Ouimet, ce fils d’un Québécois émigrant s’étant installé au Massachusetts au tournant des années 1900. 

En 1913, Ouimet, un amateur, avait remporté l’Omnium américain à sa première participation. Il avait surpassé le grand Harry Vardon et Ted Ray en prolongation.

Matthew Wolff a joué de malchance à quelques reprises.
Photo AFP
Matthew Wolff a joué de malchance à quelques reprises.

Sauf que Wolffe n’a pas connu le dénouement souhaité à cette journée très spéciale. Le golfeur âgé de 21 ans à l’élan aussi distinctif qu’unique a ramené une carte de 75 (+5), soit 10 coups de plus que la veille. Il a vu à ses côtés DeChambeau dépecer Winged Foot en petits morceaux.

Il a également perdu la guerre de pieds et de pouces sur le parcours en jouant de malchance à certains moments. Il a néanmoins terminé au second rang à sa première apparition au U.S. Open.

« Je crois que ce n’était pas mon tour. Le destin en a voulu autrement, a philosophé celui qui ne se disait pas nerveux en ronde finale. Je suis fier de cette performance. Je garde la tête haute. Je me suis battu avec fougue. Winged Foot offre un défi incroyable.

« Terminer à égalité avec la normale après quatre rondes sur un parcours si exceptionnel, c’est excitant, a-t-il ajouté avec positivisme. C’est une bonne expérience. »

L’an prochain, l’Omnium des États-Unis sera disputé sur les allées du magnifique parcours sud de Torrey Pines, en Californie, du 17 au 20 juin.