/opinion/columnists
Navigation

Ça ne sera jamais normal

Coup d'oeil sur cet article

La vice-première ministre Geneviève Guilbeault et le ministre de la Santé Christian Dubé aiment bien utiliser l’expression « nouvelle normalité » pour qualifier les consignes sanitaires actuellement en place.

J’ai seulement un conseil pour eux : arrêtez de dire ça, vous faites peur au monde.

Pour un bout

Je comprends l’idée. Habituez-vous au masque, aux deux mètres de distance avec vos amis et vos collègues et aux rassemblements restreints : ils sont là pour une période de temps indéfinie. Jusqu’à ce qu’on ait dompté le virus, probablement au moyen d’un vaccin. Bref, faites-vous à l’idée, on en a pour un bout.

Sauf que ce que les gens comprennent quand on parle de « nouvelle normalité », c’est qu’on parle en fait d’une réalité qu’on voudrait permanente. Et ça fait lever les poils sur beaucoup de bras d’entendre ça.

Perturbante

Disons-le encore, si c’est nécessaire : ce ne sera jamais normal de ne pas pouvoir sourire au personnel dans les commerces. Ce ne sera jamais normal de ne pas pouvoir prendre nos parents dans nos bras. 

Ce ne sera jamais normal de ne pas serrer la pince de quelqu’un avec qui on signe un contrat. Ce ne sera jamais normal de limiter qui on invite à l’épluchette.

Ce n’est pas une « nouvelle normalité ». C’est une anormalité qui, si elle est nécessaire pour protéger les plus vulnérables, est néanmoins perturbante. Ce sont des milliers de petits traumatismes qu’on inflige chaque jour à notre capital social, dans l’espoir d’éviter pire.

Nos dirigeants devraient le reconnaître plutôt que de tenter de nous faire croire que c’est normal.

Et si jamais le virus devait rester parce qu’on n’aura pas trouvé de remèdes ou de vaccins capables de le combattre, on aura un débat démocratique pour savoir avec quel risque on veut collectivement composer et si les règles doivent rester. Ce ne sont pas quelques attachés politiques qui vont décider qu’on abolit le réveillon.