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La guerre à la drogue est un échec

La guerre à la drogue est un échec

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Ça fait longtemps qu’une photo m’a autant bouleversé.

Je parle de cette fille de 21 ans qui repose dans un état végétatif depuis deux semaines.

Une belle jeune femme dans la fleur de l’âge, entubée et connectée à un respirateur artificiel. 

Tout ça, parce qu’elle a consommé une drogue chimique.

LA SQDC OU LA RUE

Il n’y a pas de profil type du consommateur de drogue chimique.

Ils viennent de toutes les couches sociales, de tous les milieux. 

Ça peut être ma fille, ça peut être votre fils. 

On se dit : « Oh, moi, mon enfant ne ferait jamais ça, c’est pas son genre. »

Qu’est-ce que vous en savez ?

Qui sait ce que font nos enfants lorsqu’ils sortent ?

Un autre garçon de 19 ans a perdu la vie à cause de cette cochonnerie. Sa mère se demande s’il ne serait pas toujours de ce monde si la SQDC n’avait pas changé sa politique.

« Quand mon fils a eu 18 ans, il avait le droit d’acheter légalement à la Société québécoise du cannabis. Mais depuis janvier, il ne pouvait plus, car l’âge minimal est passé à 21 ans. Il a dû se tourner vers la rue. Je me dis que si la loi n’était pas passée, il serait peut-être là aujourd’hui... »

La question que pose cette dame est sacrément pertinente.

Où voulez-vous que votre enfant achète son pot ? Dans une succursale d’une société d’État ou auprès d’un pusher qui en profitera pour lui vendre toutes sortes d’autres drogues autrement plus dangereuses ?

« Oui, mais ce n’est pas bon que des enfants de 18 ans fument du pot... »

S’il vous plaît...

Et vous, vous prenez combien de verres de vin, le soir ?

Si votre enfant de 18 ans ne peut acheter du pot à la SQDC, il en achètera ailleurs. Ou ses amis plus vieux lui en achèteront. 

Ça ne fait peut-être pas votre affaire, mais c’est la réalité. 

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UNE AUTRE STRATÉGIE

« La folie, c’est toujours faire la même chose et s’attendre à un résultat différent à chaque fois », disait Einstein. 

Ça fait combien d’années qu’on mène la guerre à la drogue ? Combien de gonzillions de dollars on a dépensés dans cette aventure ? Combien de trafiquants on a foutus en prison ? 

Or, rien n’a changé sur le terrain. Strictement rien. 

C’est toujours aussi facile de se procurer de la drogue. 

Je n’en consomme pas (je préfère le vin blanc), et pourtant, donnez-moi une demi-heure, et je pourrai vous trouver tout ce que vous voulez.

On connaît tous quelqu’un qui connaît quelqu’un qui possède le numéro de téléphone d’un pusher qui fait la livraison à domicile. 

Un moment donné, va falloir essayer autre chose. Utiliser une autre stratégie. 

Aborder le problème de la consommation de drogues sous l’angle de la santé publique plutôt que sous l’angle judiciaire et criminel. 

Permettre aux gens qui veulent se droguer de le faire en toute sécurité. 

Pour ne pas qu’ils se retrouvent entubés eux aussi sur un lit d’hôpital...

UN BON PUSHER

Vous trouvez que c’est un succès éclatant, vous, la guerre à la drogue ?

Si oui, donnez-moi le numéro de téléphone de votre pusher, il vend du bon stock...