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Un plan d’action pour mieux vivre... ensemble

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Le racisme et la discrimination sont évidemment deux obstacles majeurs au vivre-ensemble. Ils sont présents dans tous les pays du monde. Le Québec n’est certes pas épargné, mais il ne s’inscrit cependant pas parmi les pires nations du monde en ces matières. 

Pour contrer le racisme et la discrimination au Québec, le premier ministre François Legault a mis sur pied une équipe de sept élus caquistes. Ces derniers disposaient alors de trois mois pour préparer un plan d’action. Nous y sommes. 

Des réponses sont attendues. Elles devraient donner la réplique aux problèmes liés notamment au taux de chômage très élevé chez les minorités visibles, à la sécurité publique et au profilage par la police, aux difficultés à se loger, à la justice et à l’éducation, etc. 

Des ponts à bâtir ou à rebâtir

Bernard Landry me répétait souvent : « Il faut intégrer nos frères et sœurs issus de l’immigration ! Oui à l’immigration, oui à l’interculturalisme. Mais non au multiculturalisme, dont les premières victimes sont les immigrants ». 

Il me rappelait constamment que le Québec n’est pas une race, mais une nation profondément multiethnique. Et il évoquait notamment le métissage avec les Amérindiens, il y a plus de 400 ans. 

Aussi, je berce l’espoir de voir figurer dans le plan stratégique du gouvernement l’indication d’une volonté claire de distanciation avec la Loi sur le multiculturalisme canadien. C’est un des vecteurs fondamentaux qui s’érigent en obstacle face à notre vivre-ensemble.

En pratique, l’idéologie du multiculturalisme a fait faillite dans plusieurs pays européens. 

Sa remise en question collective, puis son abrogation pourraient à moyen ou à long terme contribuer à faciliter la lutte collective contre le racisme et la discrimination dans la maison du Québec.

Pour s’apprivoiser, l’idéal serait de s’inscrire dans le « collectif » pour mieux se connaître et se reconnaître. Il faut converger vers le même foyer de sens sans se renier et générer à terme un métissage culturel tricoté serré. 

Le modèle québécois

La loi canadienne sur le multiculturalisme a été adoptée en 1971 sous la houlette du premier ministre du Canada Pierre Elliott Trudeau. Robert Bourassa, alors premier ministre, l’a rejetée, car il la jugeait antinomique à la situation culturelle fragile et aux aspirations du Québec.

L’ancien premier ministre canadien Pierre Elliott Trudeau
Photo d'archives
L’ancien premier ministre canadien Pierre Elliott Trudeau

Dans la foulée, le gouvernement du Québec a conçu et mis au monde un modèle pluraliste d’intégration original : l’interculturalisme. Mais il n’a toujours pas force de loi.

C’est un processus qui nourrit à la fois les minorités et la société d’accueil. Et celle-ci en sort d’ailleurs renforcée de l’apport de tous ceux et celles qui viennent d’ailleurs. L’interculturalisme est plus susceptible de nourrir le sentiment d’acceptation et d’appartenance. 

À l’inverse, le communautarisme que favorise le multiculturalisme ne s’inscrit pas vraiment dans la même dynamique. Il est loin d’être un modèle d’intégration. C’est un modèle de désintégration. Le plan d’action du gouvernement doit en prendre acte.