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Ferrier accusée de menaces contre Trump

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Une Québécoise de Longueuil a été formellement accusée de menaces contre le président américain lors d’une brève comparution, mardi à Buffalo, en attendant le dépôt de possibles chefs d'accusation nettement plus sérieux.

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« Ils [les États-Unis] voulaient absolument l’accuser rapidement pour la garder détenue », fait valoir l’avocat criminaliste Jean-Pierre Rancourt. 

L’expert est «convaincu» que d’autres chefs d'accusation pourraient se greffer à celui de menaces contre le président des États-Unis, déjà déposé contre Pascale Ferrier, 53 ans. 

Ce sera «peut-être la moins pire des accusations», lance Me Rancourt.  

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Meurtre ou acte terroriste?

Ferrier s’expose à des charges de «tentative de meurtre ou d’acte terroriste probablement», croit-il.  

La Québécoise d’origine française a comparu hier après-midi devant une cour fédérale américaine, à Buffalo, dans l’État de New York, les mains menottées à la taille et vêtue d’une combinaison de prisonnière brun clair, ont rapporté des médias américains. 

Derrière le masque bleu qui lui couvrait le visage, elle n’a répondu que par «oui» ou «non» aux questions du juge Kenneth Schroeder Jr., en présence d’un interprète francophone.

Le magistrat a enregistré en son nom un plaidoyer de non-culpabilité d’ici à son retour devant le tribunal lundi prochain, date prévue de son enquête préliminaire. Ferrier restera détenue d’ici là.

«Il faut toujours plaider non coupable tant qu’on ne connaît pas toutes les accusations qui vont être portées», précise Me Rancourt.

Violence

Le procureur Timothy Lynch s’est opposé à sa libération sous caution étant donné la nature «violente» des allégations et le fait qu’elle est une ressortissante étrangère. 

«Elle présente un risque sérieux de fuite», a-t-il argué. 

Ferrier est soupçonnée d’avoir envoyé une lettre empoisonnée à la ricine au président Donald Trump. 

Selon l’affidavit, «il y a des raisons de croire que la défenderesse a sciemment et délibérément menacé de tuer le président des États-Unis et de lui infliger des dommages corporels», a témoigné l’agent spécial du Federal Bureau of Investigation (FBI) Jonathan Presto.

Six autres missives similaires auraient été adressées à des individus travaillant dans un centre de détention du Texas, où Ferrier a été incarcérée en 2019. Ces lettres auraient été expédiées entre les 15 et 18 septembre. 

Pas d’argent 

Lorsque le juge lui a demandé si elle souhaitait payer pour les services d’un avocat, Ferrier a répondu d’un «non» timide. L’avocate Fonda Kubiak lui a été désignée d’office.  

Me Kubiak a demandé la tenue d’une enquête préliminaire afin de déterminer si les preuves étaient suffisantes pour justifier un procès. 

«Elle va comparaître le 28 [septembre], mais ça me surprendrait que l’enquête préliminaire ait lieu, estime Me Rancourt. Le 28, le procureur n’aura pas toute la preuve dans ses mains. Le procès devra donc être repoussé.»

Les autres charges pourraient être déposées entre-temps, selon lui.

Avec Roxane Trudel

La Québécoise d’origine française Pascale Ferrier (à gauche) a comparu hier après-midi devant le juge Kenneth Schroeder Jr., de la cour fédérale américaine de Buffalo, dans l’État de New York. Elle est défendue par l’avocate Fonda Kubiak (à droite).
Desssin de cour, Reuters
La Québécoise d’origine française Pascale Ferrier (à gauche) a comparu hier après-midi devant le juge Kenneth Schroeder Jr., de la cour fédérale américaine de Buffalo, dans l’État de New York. Elle est défendue par l’avocate Fonda Kubiak (à droite).