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Québec cherche 800 profs retraités pour faire de la suppléance

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Québec espère convaincre environ 800 jeunes profs retraités de reprendre du service dans les écoles où le manque de suppléants est criant en mettant en place des incitatifs financiers.

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Il s’agit de la «mesure phare de la rentrée» pour lutter contre la pénurie d'enseignants exacerbée par la pandémie, indique le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge.         

  • Écoutez le journaliste Alexandre Dubé avec Benoit Dutrizac sur QUB radio:   

«On pense que ça va venir faire une différence appréciable», a-t-il affirmé lors d’un entretien avec Le Journal, mardi. 

La rémunération des ex-enseignants sera près de deux fois plus élevée qu’à l’habitude lors des 20 premiers jours de suppléance, sans pénalité sur les prestations de retraite. 

Les 8100 enseignants qui ont pris leur retraite depuis le 1er juillet 2015 recevront le même salaire qu’à leur départ, dès leur premier jour de suppléance. Jusqu’à maintenant, cette rémunération ne leur était accordée qu'après 20 jours de remplacement.

Un enseignant retraité pourra maintenant recevoir un maximum de 412$ par jour, comparativement à 212$ pour les 20 premiers jours de suppléance. 

M. Roberge espère qu’environ 10% des retraités répondront à l’appel en acceptant de faire de 10 à 20 jours de suppléance dans l’année scolaire. 

«C’est payant pour les retraités, c’est bon pour les élèves qui vont avoir devant eux des enseignants chevronnés et c’est bon pour tout le réseau, parce que ça va leur permettre de souffler un peu», affirme le ministre. 

Cette mesure ne s’applique pas aux enseignants qui ont pris leur retraite depuis plus de cinq ans, puisque les personnes âgées de 70 ans et plus ont davantage de risque d’être plus sévèrement malades s’ils contractent la COVID-19. 

En mars 2019, M. Roberge avait lancé un appel aux ex-enseignants afin qu’ils viennent prêter main-forte au réseau scolaire, promettant de mettre en place des mesures pour qu’ils ne soient pas pénalisés financièrement par un retour au travail. 

Il aura fallu un an et demi avant d’annoncer cette mesure, plus complexe à mettre en place qu’elle n'en avait l’air, a convenu M. Roberge. 

Le coût de cet incitatif financier pourrait varier, selon le taux de réponse, de 3 à 11 millions de dollars. 

Il manque actuellement 117 enseignants à temps plein dans le réseau scolaire, comparativement à 135 le 30 septembre 2019. 

Les besoins de suppléants sont toutefois plus grands cette année, reconnaît le ministre Roberge.  

Écoutez Veronique Hivon avec Benoit Dutrizac sur QUB radio: 

«Il y a beaucoup d’endroits, au Québec, où c’est difficile d’avoir des suppléants lorsque les enseignants doivent s’absenter, notamment lorsqu’ils doivent faire un retrait préventif» lié à la COVID-19, a-t-il indiqué. 

Le recours aux profs retraités pour lutter contre le manque d’enseignants dans les écoles était la principale demande du réseau scolaire en vue de faire face à la pénurie d’enseignants. 

Cette mesure a été accueillie avec un soupir de soulagement dans le réseau scolaire. «C’est une excellente nouvelle, on est très satisfaits», lance Nicolas Prévost, président de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement.  

Selon une recension faite la semaine dernière auprès de ses membres, 400 postes d’enseignants à temps partiel sont toujours vacants. 

Les réactions sont plus mitigées dans les rangs des syndicats d’enseignants. «C’est intéressant, mais le salaire n’est pas le seul élément. Plusieurs enseignants ont pris des retraites anticipées à cause des conditions de travail», rappelle la présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement, Josée Scalabrini. 

Cette mesure crée par ailleurs «deux catégories» de suppléants puisque la rémunération ne sera pas la même pour tous, souligne Mme Scalabrini. 

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