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Moins de signalements à la DPJ pendant le confinement

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Les signalements à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) ont chuté de 20,5% pendant le confinement dû à la pandémie, confirme son plus récent bilan.

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D’avril à juin 2020, la DPJ n’a reçu que 24 625 signalements, comparativement à 30 957 l’an dernier à la même période. 

«C’était écrit dans le ciel. Les gens qui signalent [le plus] ne voyaient ni les enfants ni leurs familles», affirme la professeure émérite en travail social de l’Université de Montréal Claire Chamberland.  

Isolés

Confinés, les jeunes ont en grande partie cessé de fréquenter les organismes communautaires et le milieu scolaire, dont les intervenants tirent la sonnette d’alarme dans la moitié des cas.  

«La baisse de signalements a pu mettre des enfants en détresse. On ne peut pas savoir exactement s’il y a eu des enfants à risque», a reconnu Sonia Mailloux, directrice de la protection de la jeunesse au CISSS de Laval, en marge d’une conférence de presse.  

De retour

La DPJ remarque toutefois une augmentation des signalements depuis la rentrée scolaire.  

«Les écoles sont ouvertes et on le voit. Ça va se mettre à signaler à plein dans quelques semaines», prédit Paul Langevin, psychologue et ex-intervenant de la DPJ.  

La baisse de signalements du début de la crise sanitaire contraste avec 2019-2020, où la DPJ s’est penchée sur 118 316 signalements, soit 12% plus que l’année précédente, révèle son bilan annuel publié hier. De ce nombre, 36,8% ont été retenus. 

L’abus physique, la négligence et les mauvais traitements psychologiques constituent à eux seuls 64% des problématiques concernées. 

De plus en plus

Depuis une vingtaine d’années, on observe une hausse constante du nombre de situations dénoncées mettant à risque la sécurité ou le développement d’un enfant. 

Claire Chamberland, qui a fait de ces signalements le sujet de ses recherches, affirme que leur nombre a augmenté de 75% entre 2002 et 2018. 

La spécialiste voit dans cette hausse la preuve que la société dénonce des situations qui méritent de l’être parce qu’elle est plus vigilante et soucieuse du bien-être de ses jeunes. 

Cependant, l’augmentation témoigne aussi de la fragilisation du filet social de certaines familles, qui ne parviennent pas à obtenir de l’aide avant d’être signalées. 

«On a beaucoup parlé des réformes du milieu de la santé, mais elles ont été aussi terribles pour les services sociaux», rappelle-t-elle. 

La professeure au département de travail social de l’Université du Québec en Outaouais Marie-Joëlle Robichaud parvient au même constat. «La DPJ est censée être le dernier recours, alors que c’est [présentement] une porte d’entrée vers les services.»