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Contraint de verser 6000 $ sans raison

Un ex-conseiller municipal lui aurait forcé la main

Palais St-Jérôme - François Barnabé
Photo Ben Pelosse L’entrepreneur François Barnabé témoignait hier au procès de Jean-Marc Robitaille.

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Un ancien conseiller municipal de Terrebonne serait à l’origine d’une demande de paiement de 6000 $ à un entrepreneur soupçonné de corruption, selon un témoin au procès de l’ex-maire Jean-Marc Robitaille.

L’entrepreneur en construction résidentielle, François Barnabé, a donné plus de détails mardi sur une somme de 6000 $ qu’il aurait été contraint de verser sans raison valable, selon lui, à l’entrepreneur Normand Trudel à la fin des années 1990.

Barnabé était contre-interrogé mardi au procès pour corruption et abus de confiance de l’ex-maire de Terrebonne Jean-Marc Robitaille. L’ex-chef de cabinet de Robitaille, Daniel Bélec, l’ex-directeur général Luc Papillon et Normand Trudel sont aussi accusés.

De façon générale, le témoin Barnabé a décrit un climat de corruption généralisé au sein de l’administration municipale de Terrebonne au tournant des années 2000.

Il a notamment assuré que l’ex-directeur de l’aménagement du territoire, Daniel Sauriol, était présent lorsqu’on l’a forcé à confier à une entreprise de Normand Trudel l’aménagement d’une piste cyclable sur un de ses terrains.

EN DÉSACCORD

La somme de 6000 $ en question devait être payée à Transport et Excavation Mascouche (TEM), une entreprise de Normand Trudel, pour réparer des travaux que Barnabé estimait bâclés sur un de ses terrains.

Le témoin a déjà raconté s’être fait dire par l’ancien conseiller municipal de Terrebonne, Michel Morin, qu’il devait absolument payer cette somme même s’il n’était pas d’accord.

« C’était pas M. Trudel, c’était M. Morin », a dit mardi le témoin, au sujet de l’obligation de payer. « M. Trudel a bien des défauts, mais pas celui-là », a-t-il poursuivi. « Je ne pense pas qu’avec le volume des contrats qu’il avait, il se serait occupé d’aller chercher cette somme », a-t-il dit. 

François Barnabé dit avoir été informé plus tard par un de ses associés de l’époque que la demande de paiement ne venait pas de Normand Trudel. 

Le témoin a raconté mardi avoir été outré de devoir payer ce montant. Bien qu’il soit au cœur du témoignage de Barnabé, l’ancien conseiller municipal Michel Morin ne fait pas l’objet d’accusations dans cette affaire.

L’avocat de Normand Trudel, Me Michel Massicotte, a tenté de relever hier des contradictions et des incohérences dans le témoignage de Barnabé.

Ce dernier s’est impatienté à plus d’une reprise, estimant qu’il avait déjà répondu aux questions. Le procès des accusés de Terrebonne, qui a commencé en 2019 et a été interrompu par la pandémie, a repris cette semaine pour quelques jours.