/investigations/health
Navigation

La CAQ dit non à une consultation sur les données de santé

La CAQ dit non à une consultation sur les données de santé
Photo d'archives, DANIEL MALLARD

Coup d'oeil sur cet article

Les députés de la CAQ ont voté contre la tenue de consultations sur la vente et le partage des données médicales des Québécois aux pharmaceutiques.

• À lire aussi - Données de santé: le PQ veut une enquête

• À lire aussi - La «vente» des données de santé est déjà amorcée

La commission de la Santé et des Services sociaux a refusé la demande de Québec solidaire qui réclamait une commission parlementaire sur le partage et la vente des données de la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ). Elle plaide qu’il s’agit d’un sujet hypothétique, car il n’y a pas de projet de loi qui a été déposé.  

«Il n'y a aucun besoin en ce moment de faire ce travail-là avec une feuille blanche», a affirmé Ian Lafrenière, adjoint parlementaire de la ministre de la Sécurité publique. «On pense que ça amènerait du flou. Il n'y a aucune donnée médicale personnelle qui est partagée avec le privé.» 

Le porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, soutient que ce refus de la CAQ est «encore une fois un manque de transparence».  

«Une mine d’or»

La possibilité que le gouvernement commercialise les données de la RAMQ en les offrant aux grandes pharmaceutiques a été évoquée il y a quelques semaines par le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon. «C’est winner» et c’est «une mine d’or», avait-il dit.   

À la suite de cette déclaration incendiaire, Québec solidaire a demandé la mise sur pied d'une commission parlementaire sur le sujet.   

«Ce n’était pas une demande partisane, c’était une demande de débat de société [...] Pour qu’on puisse faire la lumière sur les intentions du gouvernement du Québec en matière de partage des données médicales des Québécois et des Québécoises», a expliqué M. Nadeau-Dubois. «Le remède à la méfiance, c’est la transparence.» 

Le parti avait d’ailleurs obtenu l’appui d’une vaste coalition de groupes, d’associations et d’experts dans les domaines de la santé, du droit, de l’éthique et de la sécurité informatique. 

L’Association des psychologues du Québec, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), l'avocat Jean-Pierre Ménard et le président du Réseau d’expertise en éthique des données, Schallum Pierre, réclamaient cette consultation.  

«La proposition d'entendre des experts est à propos, mais pas à ce moment-ci», a cru bon d’ajouter le député de la CAQ, Ian Lafrenière.   

Projet existant

Notre Bureau d’enquête a récemment révélé que le ministère de l’Économie finance déjà des projets visant à «exploiter» les données de santé des Québécois avec des multinationales pharmaceutiques.   

Le projet, qui se nomme Precinomics, est développé à l’Institut de cardiologie de Montréal avec l’appui du ministère de la Santé.   

Lancé par l’ancien ministre de la Santé Gaétan Barrette, le projet consiste en une plateforme nationale de partage et d’accès à des données génomiques et des données de santé clinico-administratives de patients.   

Precinomics est lié à des proches de la riche famille Desmarais. 

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.