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Tester les limites

Alors que le Québec est sur le qui-vive, notre Bureau d'enquête
Photo courtoisie Il faudra mieux contrer et sanctionner les comportements dangereux pour la santé des autres.

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Si la COVID-19 pouvait rédiger une petite annonce dans les journaux du Québec, elle se lirait sûrement comme ceci : « Deuxième vague recherche désespérément des consignes claires, simples à comprendre et homogènes à travers le Québec. »

Personne ne sait comment la confusion s’est installée dans certains messages du gouvernement. L’important est de rectifier le tir. Quand des ministres seniors ne savent plus ce qui est « recommandé » pour des rassemblements privés réduits à 6 personnes max, comment les citoyens peuvent-ils s’y retrouver ? 

Son système d’alertes régionales de couleurs, allant du vert au rouge, se voulait pourtant un bon « outil de communication ». Le but, louable, était de sensibiliser la population à la gravité croissante de la situation. 

À l’usage, malheureusement, il brouille les cartes. Les consignes sanitaires différant selon la couleur et la région, au lieu de renforcer l’adhésion aux consignes, il sème le brouillard.  

Or, la deuxième vague traverse toutes les régions et foisonne au sein même de la communauté. Par conséquent, elle devrait commander des messages et des consignes uniformes et limpides à travers le Québec. 

Oui, des changements, il y en aura selon la progression du virus, mais la nature plus élargie de la deuxième vague semble non moins bien établie de par le monde.  

Profiter de la confusion

Idem pour les « récalcitrants ». Leurs comportements appellent eux aussi des mesures claires et similaires partout. Dans leur cas, plus coercitives. Car en ce moment, ils profitent de la confusion et du laxisme ambiants.  

De toute évidence, ils testent les limites du gouvernement. Ce faisant, ils mettent la santé et la vie d’autres Québécois en danger. Le reportage du Journal publié hier en est une illustration ahurissante.

On y voit TOUT ce qu’il ne faut pas faire en pandémie. Dans un resto de Laval, plus de 200 personnes dansent, boivent, se collent, etc. Plusieurs, dont des employés, ne portent pas le masque. De véritables bombes à contagion dès leur sortie du resto. 

Et la police ? Une petite visite vers minuit, mais il n’y aurait pas eu de constat d’effraction. Le party et l’alcool reprenaient donc une heure plus tard. C’est précisément ça, « tester les limites » des autorités.  

Impunité

Des gens les testent parce que sans conséquences pénales ou financières, ils le peuvent. Leur impunité lance un message inquiétant aux citoyens prudents. Le risque étant de les démotiver pour la suite des choses.  

Laissons aux psychologues l’analyse du phénomène des récalcitrants. Ne sous-
estimons pas non plus l’effet d’usure bien réel de la fatigue face au virus. 

C’est aux autorités politiques et de santé publique de clarifier leurs messages et leurs actions. Sinon, le virus finira par passer des faiseux de partys pour s’attaquer à des personnes dont la santé est moins robuste.  

C’est pourquoi, privés ou publics, quand des rassemblements vont à l’encontre des consignes, les forces policières doivent être mieux outillées pour intervenir et sanctionner.  

Il n’est pas question de créer un État policier. Nous ne sommes pas en octobre 70 alors que la police arrêtait des centaines de citoyens innocents pour leurs opinions politiques. 

Il s’agit ici de tenter de contrer des comportements dangereux pour la santé des autres. Si le gouvernement bouge et parle avec cohérence, au fil des semaines, l’effet de dissuasion aurait de meilleures chances de s’installer.