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Voir rouge inutilement

SOCCER-USA/
Photo USA Today Sports

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Au cours de ma carrière en tant que joueur, j’ai reçu mon lot de cartons, probablement plus que la moyenne d’ailleurs. À ce jour, j’en regrette encore certains, d’autres pas du tout. Les cartons qui ont eu une incidence directe sur le résultat de mon équipe sont ceux pour lesquels j’entretiens encore un peu de remords.

Du remords, Rudy Camacho et Romell Quioto doivent en avoir parce qu’en recevant tous deux un carton rouge, ils ont été directement responsables des deux dernières défaites de l’Impact.

De plus, dans les conditions dans lesquelles elles sont survenues, ces expulsions s’avèrent impardonnables. 

Jamais Camacho et Quioto n’ont réfléchi aux conséquences de leur geste. Un championnat canadien et trois précieux points MLS, voilà ce que ces actions irresponsables ont fait perdre au Bleu-blanc-noir et à ses partisans.

À ceux-là, on pourrait ajouter le tacle d’Emanuel Maciel à Vancouver le week-end précédent qui était pour le moins inutile, mais qui finalement aura moins porté à conséquence. N’empêche, le carton rouge de l’Argentin n’a pas affecté le résultat, mais – et je pourrais vous l’épeler au besoin – demeure i-nu-tile.

Comment se saboter

Depuis dimanche, je me gratte encore la tête à propos du coup de coude que Quioto a asséné à un adversaire de l’Union de Philadelphie. Pour la violence du geste, l’attaquant écopera assurément de plus d’un match de suspension. Mais pourquoi a-t-il ressenti autant de frustration à ce moment de la partie ? Je dois avouer que ça me dépasse.

Après 16 minutes au Red Bull Arena, l’Impact était bien entré dans son match et menait 1 à 0 contre une des meilleures équipes de la ligue. 

Dès le coup de sifflet initial, les hommes de Thierry Henry avaient montré qu’ils étaient dans de bonnes dispositions et capables d’offrir une bonne performance. D’un seul coup, Quioto a saboté les plans de son équipe.

Comment en 2020 les joueurs peuvent-ils encore se permettre ce genre de geste ? Tout le monde et sa mère savent qu’une dizaine de caméras sont braquées sur le terrain et que les joueurs n’échapperont pas à la reprise vidéo.

Il y a de ça quelques années, on pouvait espérer que le geste se fasse à l’insu des quatre officiels en poste ce jour-là. Mais aujourd’hui, tu ne peux plus cacher ou camoufler ces gestes d’humeur.

Peut-être que Quioto ne s’est jamais habitué à la reprise vidéo. Si c’est le cas, le club devrait peut-être lui faire passer le mémo. 

Parce qu’après trois matchs où ils doivent finir à dix joueurs, l’Impact ne peut se permettre de continuer dans cette veine. Jusqu’ici, le Bleu-blanc-noir a dû travailler pour chacune de ses victoires, pour chacun de ses points au classement. En ce sens, c’est un peu à ses coéquipiers que Quioto a donné un coup de coude dimanche dernier.

Donner du repos

Après la 70e minute de jeu face à l’Union dimanche, il devenait évident que l’Impact ne reviendrait pas dans la rencontre. Avec le score à 4-1 et en infériorité numérique, on pouvait convenir que les carottes étaient cuites.

Dans cette optique, j’ai été surpris que Henry n’utilise pas les cinq changements à sa disposition. Personnellement, j’aurais protégé les joueurs qui ont accumulé les minutes au cours des dernières semaines et qui sont essentiels aux succès de l’équipe. 

Les Victor Wanyama, Samuel Piette, Saphir Taïder et Zachary Brault-Guillard auraient mérité un peu de repos. Surtout que le prochain match contre le Revolution de la Nouvelle-Angleterre arrive rapidement.

De plus, effectuer ces changements aurait permis d’offrir des minutes à des joueurs dont l’Impact aura besoin d’ici la fin de la saison. Surtout si ceux qui sont utilisés régulièrement continuent à se faire expulser...