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Bravo aux Algonquins!

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Vous savez que je n’ai pas le défaut de prendre automatiquement le parti des Amérindiens lorsque survient un conflit. Eh bien cette fois, c’est le cas ! Je dis mille bravos aux Algonquins de Lac Barrière qui, justement, font « barrière » autour de la réserve faunique La Vérendrye pour protéger les orignaux qu’ils estiment menacés !

Plus je vieillis et plus je suis aigri envers notre espèce qui se prétend raisonnable. Je me réfugie de plus en plus dans le monde animal. Ma référence est saint François d’Assise.

Comme le disait Mme de Staël : « Plus je connais les hommes, plus j’aime les chiens ». Et comme je suis toujours en deuil de mon golden Roméo, mort il y a quelques mois, je ne suis pas d’humeur à fraterniser avec les chasseurs.

Légitime

Il y a un mois dans ce journal, on apprenait que les Algonquins avaient raison de sonner l’alarme au sujet du rétrécissement du cheptel. Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a écouté les inquiétudes des Autochtones et a procédé à une étude qui a confirmé leurs craintes. Dans un article de ma collègue Émélie Rivard-Boudreau, on découvrait que la population, en douze ans seulement, a chuté du tiers !

Il y a un an déjà, des Algonquins manifestaient en exigeant un moratoire pour permettre à l’espèce de se renouveler. Si cette année, ils bloquent carrément les entrées de la réserve, c’est peut-être parce qu’on ne les a pas écoutés l’an dernier ! Bref, la révolte des Algonquins pour protéger les orignaux me semble légitime. 

Sagesse

Puis-je vous dire que j’ai davantage confiance dans les vieux Algonquins, pour qui Dieu respire dans les plantes et rêve chez les animaux, que dans les hélicoptères du Ministère ou les équations des experts ?

L’exploitation forestière intensive n’est sans doute pas étrangère non plus à la baisse du nombre d’orignaux. Et même si on adopte la cause des chasseurs, qu’ont-ils à perdre dans un moratoire qui raviverait la population ?