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Analyse: de belles promesses qui coûteront encore très cher

Le gouvernement Trudeau n’a que très peu évoqué l’après-pandémie dans deux discours importants hier

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Photo PC La gouverneure générale du Canada, Julie Payette, a lu le discours du trône, hier après-midi au Sénat, sous les yeux de Justin Trudeau. Le premier ministre s’est plus tard adressé à la nation.

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OTTAWA | Le gouvernement Trudeau aurait pu profiter du discours du trône pour présenter une vision claire de l’après-pandémie, hier. Les libéraux ont plutôt choisi de noyer dans une tartine de 8400 mots quelques mesures plus ou moins nouvelles dans un océan de promesses inachevées.

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Cela a entre autres le défaut de nous rappeler tout ce qu’Ottawa aurait pu déjà avoir accompli.

On a même eu droit à un passage sur l’interdiction du plastique à usage unique. 

  • Écoutez l'entrevue du titulaire de la chaire en fiscalité de l'Université de Sherbrooke Luc Godbout avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:  

Qu’est-ce que cela a à voir avec la pandémie ? Rien.

Cet extrait du discours du trône est à l’image de la longue et vertueuse liste d’intentions présentée par la gouverneure générale, Julie Payette, au nom du gouvernement. 

Le texte de 18 pages donnera des munitions à ceux qui accusent le gouvernement d’avoir voulu mettre un couvercle sur l’affaire de l’organisme WE Charity en prorogeant le Parlement.  

  • Écoutez l'analyse de Caroline St-Hilaire avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

Avait-on vraiment besoin d’un discours du trône pour annoncer la prolongation de la subvention salariale, de l’aide à venir au secteur du tourisme ou de confirmer la réforme de l’assurance-emploi ?

Électoraliste

Au lieu de se concentrer sur la pandémie, le premier ministre a offert un discours électoraliste qui est l’assemblage des aspirations libérales à la sauce Trudeau.

Parfois, même, avec très peu de vigueur, comme cet engagement de mettre en place un régime universel d’assurance-médicaments.

On apprend que le Parti libéral va « redoubler d’efforts dans ce dossier ». Mais encore ? De toute façon, la vaste majorité des provinces n’en veut pas. 

La promesse phare de ce discours du trône demeure celle d’étendre à l’échelle du pays le modèle québécois de garderies subventionnées. 

L’idée n’est pas nouvelle. Les libéraux de Paul Martin avaient arraché de peine et de misère une entente avec les provinces, il y a près de 20 ans. Le projet a été tué dans l’œuf par les conservateurs de Stephen Harper. 

Le contexte politique actuel n’est pas plus favorable au projet. Les provinces seront toujours jalouses de leurs compétences. Et Justin Trudeau compte peu d’alliés chez elles. 

Le réseau des centres de la petite enfance a profondément transformé le Québec, pour le mieux. C’est sans doute l’héritage que le premier ministre souhaite laisser à son tour à l’ensemble des Canadiens.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Facture salée

C’est honorable. Mais les libéraux devront expliquer comment ils comptent assumer les coûts de toutes leurs promesses.

Taxer davantage les riches et les géants du numérique sera sans doute insuffisant. L’argument des bas taux d’intérêt est quant à lui un peu court.

C’est à croire que les libéraux ne souhaitent pas seulement obtenir l’appui du NPD pour survivre, mais l’avaler tout rond à l’aube d’une campagne électorale. 

Quelques engagements clés   

  • Prolonger la subvention salariale d’urgence du Canada jusqu’à l’été 2021       
  • Réformer le régime d’assurance-emploi pour y faire passer les bénéficiaires de la Prestation canadienne d’urgence (PCU)       
  • Créer un million d’emplois en investissant massivement en infrastructures et en réduisant les impôts pour les entreprises vertes       
  • Mettre en place un système pancanadien de garderie       
  • Assurer un partage des revenus des géants du web       
  • Établir des normes nationales pour les soins de longue durée       
  • Augmenter la pension de la Sécurité de la vieillesse à 75 ans       
  • Investir dans la formation des travailleurs