/news/coronavirus
Navigation

Dernière mise à jour :

Suivez les derniers développements
Voir les derniers chiffres >

Québec

Nombre de cas

Canada

Nombre de cas

Monde

Nombre de cas

Décès

«J.E»: la situation se dégrade encore dans les CHSLD

Coup d'oeil sur cet article

Voir ses parents ou grands-parents mourir en résidence pour aînés, de la COVID-19 ou par bête négligence, sans pouvoir être auprès d’eux ni même obtenir de l’information décente sur leur état: c’est l’horreur sur laquelle revient «J.E» ce jeudi. 

«J.E» reprend là où sa dernière saison s’était abruptement terminée, le 12 mars dernier, quelques heures avant que le gouvernement ne décrète l’état d’urgence sanitaire au Québec. Un reportage intitulé «Maltraitance» rendait alors compte des conditions de travail difficiles des employés de CHSLD.

L’enquête «Hécatombe» fait le point sur la terrible vague de décès qui a frappé les CHSLD et les résidences pour aînés (RPA). À ce jour, environ 80 % des décès dus à la COVID se sont produits en CHSLD ou en RPA, ce qui équivaut, en moyenne, à 4600 personnes, sur un total d’environ 5800 morts.

«Personne n’aurait pu imaginer que ça serait si grave que ça», s’insurge le journaliste Denis Therriault, responsable du dossier.

PHOTO COURTOISIE/TVA

Souffrance et solitude

Ce dernier a récolté depuis six mois des témoignages de gens qui ont vu leurs proches âgés souffrir et s’éteindre entre les murs d’un CHSLD ou d’une RPA.

Il s’est rendu à plusieurs établissements – dont le CHSLD Herron de Dorval, qui faisait la manchette en avril pour sa gestion déficiente –, pour s’entretenir avec ceux qui ont vécu un véritable calvaire en étant privés d’accès aux gens qu’ils aiment et qui étaient dans le besoin, et qui n’ont pas pu dire adieu à leurs parents décédés.

«Ils étaient dévastés, ils ne comprenaient pas pourquoi ça se passait comme ça, pourquoi on n’avait rien prévu (pour eux), a raconté Denis Therriault. Ils avaient de la difficulté à savoir comment aider leurs proches. J’ai vraiment été interpellé par différentes familles de CHSLD, au moment où elles vivaient ça. À plusieurs endroits, c’est toujours la même chose qui revenait: le manque de soins pour les proches à l’intérieur, la difficulté, voire l’impossibilité, d’avoir de l’information sur ce qui se passait avec leurs parents...»

«Certains sont morts dans des conditions vraiment atroces, dans la solitude, dans d’énormes souffrances, et l’entourage ne pouvait rien faire. Les établissements manquaient de personnel, les gens tombaient au combat.»

«Mais, au-delà de ça, il y a des décisions qui ont été prises et qui ont mené à ça, a poursuivi Denis Therriault. Alors qu’on entreprend la deuxième vague, la question qui s’impose, c’est: a-t-on vraiment appris de ça? Et est-ce que tout est en place pour qu’on puisse éviter la répétition d’une telle hécatombe? On verra, mais on n’a pas encore la réponse.»

CAPTURE D'ÉCRAN / TVA NOUVELLES / AGENCE QMI

Caméra de surveillance

Déjà, avant la pandémie, les employés des CHSLD et des RPA en avaient plein les bras. Avec la COVID-19, ces difficultés se sont multipliées, souligne Denis Therriault, qui n’hésite pas à parler de «point de non-retour» pour décrire la situation actuelle dans ces lieux.

Le reporter a interviewé des employés, préposés aux bénéficiaires, infirmiers(ères)-auxiliaires et autres travailleurs au front.

Au-delà du virus, des gens meurent encore dans les centres par manque de soins de base. On sera entre autres témoin, dans «Hécatombe», du cas d’une personne décédée de déshydratation. «J.E» a même mis la main sur des images troublantes captées par une caméra de surveillance cachée, qu’une dame avait installée dans la chambre de sa mère en CHSLD. On y voit clairement la dégradation de l’état de la femme.

«Il y avait une omerta chez les employés, ils ne pouvaient pas parler ouvertement, parce qu’ils craignaient pour leur emploi, a précisé Denis Therriault. On leur interdisait de faire état de ce qui se passait à l’intérieur...»  

  • Le reportage «Hécatombe», qui ouvre la 28e saison de «J.E», sera présenté ce jeudi 24 septembre, à 21 h, à TVA.   

CAPTURE D'ÉCRAN / TVA NOUVELLES / AGENCE QMI

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.