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Montréal va mal... très

Conf presse Mélanie Joly Pierre Fitzgibbon
Photo Chantal Poirier Valérie Plante, mairesse de Montréal

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Est-ce qu’une ville appartient à ceux qui y dorment ou est-ce qu’elle appartient à ceux qui la font vivre, peu importe où ils couchent quand vient la nuit ?

À regarder aller Valérie Plante ces jours-ci, on a l’impression qu’elle ne s’est jamais posé la question. 

Elle « découvre » que Montréal va mal.

Elle visite des chantiers pour « comprendre ».

Elle « découvre » que les commerçants n’en peuvent plus des travaux qui font fuir les clients, surtout ceux qui venaient en auto.

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Ben coudonc !

Elle « découvre » que le télétravail ne fait plus des banlieusards des captifs qui n’ont pas d’autre choix que de supporter les emmerdements.

Je mets « découvre » entre guillemets, car je ne sais pas si elle fait semblant ou pas.

Chose certaine, on échappe difficilement à l’impression que Mme Plante a jusqu’ici dirigé la ville en fonction de ce qui plaît à ceux qui ont voté pour elle.

C’est peut-être aussi ce qui explique sa complète indifférence au recul du français, ses niaiseries sur le « racisme systémique », sur « Montréal-territoire-autochtone-non-cédé », et ce bilinguisme institutionnel de son administration digne de la fonction publique fédérale.

Et aujourd’hui, elle « découvre » la grogne qui monte, qui monte, qui monte...

Je suis entouré de banlieusards qui venaient auparavant en auto à Montréal, n’y vont plus, et ne risquent plus d’y revenir quand le télétravail deviendra permanent.

On a tout fait pour les écœurer et on a fort bien réussi. 

J’en connais même qui ont jadis déménagé à Montréal pour le travail et qui retournent aujourd’hui vivre dans le 450.

Eux aussi en ont jusque là.

Leur contribution économique sera remplacée par quoi au juste ?

Surtout pas par celle de touristes qui ne sont pas à la veille de revenir.

De grâce, qu’on m’épargne la cassette contre les automobilistes banlieusards et bornés, supposément responsables de l’étalement urbain et des misères de Montréal.

Ils s’éloignent parce que l’accès à la propriété est inabordable pour les jeunes.

S’il existait un système de trains de banlieue comme ceux qui existent dans nombre de villes européennes et même nord-américaines, ils seraient les premiers à l’emprunter.

Écœurantite

Ne vous imaginez pas non plus que je suis un anti-vélo.

C’est le moyen de transport le moins cher, le plus écologique, le moins encombrant, même s’il y a beaucoup à dire sur l’attitude d’une poignée d’écervelés.

L’immense majorité de l’espace de voirie disponible est accaparée par l’automobile, et les piétons et les cyclistes happés mortellement par des autos se comptent par dizaines chaque année. 

Cela dit, je ne suis pas sûr de comprendre pourquoi il faut aménager les nouvelles pistes cyclables sur les voies les plus rapides, les plus achalandées, et donc les plus dangereuses, plutôt que dans des rues plus résidentielles.

Je ne suis pas contre l’essor de la qualité de vie de ceux qui vivent au centre-ville, absolument pas.

Mais Valérie Plante et son entourage semblent avoir pensé que pour la développer, il fallait mener la vie dure à ceux qui viennent y consommer et qui ne sont que de passage.

Aujourd’hui, elle « découvre » que les seconds sont bien utiles.

Ben coudonc...