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Mourir seul

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Mourir seul ou être empêché d’accompagner un être cher vers son dernier départ. On ne le souhaiterait pas à ses pires ennemis.

Durant la première vague de la COVID-19, ce fut pourtant le cauchemar vécu par des milliers de personnes décédées seules en CHSLD ou en résidences privées. Souvent, en plus, dans d’horribles conditions. 

Le cauchemar, ce fut aussi des milliers de familles et de proches aidants traumatisés de ne pas avoir pu être là. 

Ici comme ailleurs, on voulait protéger les résidents de la contagion extérieure. La suite tragique, on la connaît.

Enfin

Selon La Presse, après des assouplissements, le gouvernement Legault s’apprêterait à permettre un accompagnement plus « normal » des personnes en fin de vie.  

On ne dira jamais assez à quel point cet accompagnement est essentiel pour nous tous, humains. Autant pour celui ou celle s’apprêtant à quitter la vie que pour les êtres qui les pleureront.  

La douleur et la peine sont profondes, mais la vie n’est pas la vie si elle se termine séparée des siens. Pour les proches, c’est même un privilège. On le porte en soi jusqu’à notre dernière seconde sur terre. 

Envelopper 

Comment ne pas vouloir envelopper d’amour la mère qui nous a tout donné ? Au printemps, devant toutes ces femmes et ces hommes, coupés brutalement de leurs proches au crépuscule de leurs jours, j’en pleurais de colère.

La douleur des proches laissés à eux-mêmes frappait aussi en plein cœur. Je pensais souvent à ma propre mère, décédée il y a trop longtemps déjà. 

Je pensais aux moments, précieux, ensemble, passés aux soins palliatifs, partageant la même chambre, jusqu’à son dernier envol. Je pensais à ma petite sœur, embrassant maman sur le front. 

À nos paroles réconciliatrices. À nos touchers bienveillants. À nos silences remplis d’amour. Puis, au départ de maman, main dans la main. 

Qu’aurions-nous fait si nous en avions été privées toutes les trois ? Je n’ose même pas y penser.