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Performances remarquables

Lorraine Côté et Jonathan Gagnon s’illustrent au Trident

La Sagouine
Photo Stéphane Bourgeois Lorraine Côté réalise un tour de force dans la peau de la Sagouine.

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Le Trident fête ses 50 ans. L’institution théâtrale de Québec lance sa saison automnale de belle façon avec deux performances remarquables de Lorraine Côté et de Jonathan Gagnon. 

Les deux acteurs de la Vieille Capitale se distinguent dans des pièces, des rôles et des registres différents.

Lorraine Côté est savoureuse dans La Sagouine. Elle tient cette pièce, présentée pour la première fois avec une autre comédienne que Viola Léger, durant 85 minutes, maîtrisant habilement une langue acadienne qui se décline dans toutes sortes d’expressions et d’intonations.

Jonathan Gagnon fait de même, dans Exercices de style, où il raconte une même histoire de multiples façons.

Jonathan Gagnon manipule toutes sortes d’objets et de styles dans <em>Exercices de style</em>.
Photo Stéphane Bourgeois
Jonathan Gagnon manipule toutes sortes d’objets et de styles dans Exercices de style.

Le Trident a choisi de faire les choses différemment pour cette portion de saison intitulée « Les grandes retrouvailles ». Elle présente quatre pièces par soirée jusqu’au 18 octobre. Des œuvres que l’on peut voir individuellement et en bloc de deux.

Exercices de style est présentée à 18 h 30, avec des spectateurs en distanciation, sur la scène de la salle Octave-Crémazie. La Sagouine suit à 20 h dans le même espace, mais avec un public réparti dans la salle.

Ce qu’on respire sur Tatouine et Les barbelés sont présentées en même temps, à 18 h 30 et à 20 h, dans la salle de répétition John-Applin et dans la cour intérieure du Conservatoire de musique de Québec. 

Tour de force

Lorraine Côté avait un défi de taille en se glissant dans la peau du célèbre personnage créé par Antonine Maillet. 

La comédienne réussit un tour de force en maîtrisant un texte pas du tout évident à apprendre et à réciter. Présentée dans sa version originale, La Sagouine raconte l’histoire de cette Acadienne qui nous parle de sa vie dans la pauvreté et la résilience. Une vie difficile, mais qui est aussi lumineuse.

« Les pauvres ont tout en dernier, mais ils attrapent la fièvre et les poux, les premiers », lance la Sagouine.

Quarante-neuf ans après sa création, la pièce d’Antonine Maillet fait encore effet.

En début de soirée, en toute intimité, Jonathan Gagnon brille dans Exercices de style de Raymond Queneau.

La pièce présente une même situation qui se déroule dans un autobus, devant une gare, dans toutes sortes de styles.

Une histoire qui se répète durant 65 minutes. Et on ne se lasse jamais. Le comédien, qui évolue dans un décor d’atelier de couture, utilise une panoplie d’objets pour raconter cette histoire : des mannequins, des chapeaux, des patrons, de balles de laine, des lampes et autres. 

Jonathan Gagnon jongle habilement avec les intonations et les différents personnages qu’il habite.

L’arrivée du musicien Steve Hamel derrière une machine à coudre, qui devient une batterie, dynamise le tout. 

Le musicien Steve Hamel apporte une dimension intéressante et dynamique dans <em>Exercices de style</em>.
Photo Stéphane Bourgeois
Le musicien Steve Hamel apporte une dimension intéressante et dynamique dans Exercices de style.

On retrouve même quelques allusions à la pandémie et un clin d’œil très rigolo à La Sagouine. Une petite heure où l’on s’amuse beaucoup et qui passe rapidement.