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Québec veut savoir où va l’argent du musée

Un rapport fait état de problèmes de gouvernance

Le Musée des beaux-arts de Montréal
Photo Mario Beauregard Le Musée des beaux-arts de Montréal

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La ministre de la Culture Nathalie Roy veut changer la loi pour demander des comptes au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM), après avoir pris connaissance d’un rapport cinglant sur les problèmes de gouvernance au sein de cette institution.

« Quand on donne 16 M$ (de fonds publics) par an à un musée, les Québécois ont le droit de savoir ce qu’on fait avec leur argent », a lancé la ministre, hier soir, en entrevue téléphonique.

Elle réagissait aux conclusions du rapport d’expert indépendant qu’elle a commandé à la suite de la saga du congédiement de l’ex-directrice générale du musée, Nathalie Bondil.

Le rapport doit être rendu public aujourd’hui. Dans un sommaire exécutif dont notre Bureau d’enquête a obtenu copie, le professeur Daniel Beaupré, de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM, recommande rien de moins qu’un grand ménage au sein du musée.

Il estime que la guerre ouverte entre Mme Bondil et le président du CA du musée, Michel de la Chenelière, a plongé l’institution « au cœur d’une crise sans précédent »

L’expert propose notamment de mettre sur pied au MBAM, « sur une base permanente, un comité de gouvernance et d’éthique ainsi qu’un comité des ressources humaines ».

Michel de la Chenelière (à gauche) a annoncé récemment qu’il quittait la présidence du CA du MBAM. Nathalie Bondil le poursuit pour 2 M$ à la suite de son renvoi.
Photo Ghyslain Lavoie
Michel de la Chenelière (à gauche) a annoncé récemment qu’il quittait la présidence du CA du MBAM. Nathalie Bondil le poursuit pour 2 M$ à la suite de son renvoi.

Curieusement, le MBAM n’a jamais été doté de telles structures et opère toujours en vertu de sa propre loi qui date de 1972. 

Il avait échappé à la réforme du gouvernement Couillard en 2016 qui concernait le Musée national des beaux-arts du Québec, le Musée de la civilisation et le Musée d’art contemporain de Montréal.

Harcèlement psychologique

Hier, la ministre Roy a précisé qu’elle n’a pas l’intention de « convertir (le MBAM) en musée d’État comme les trois autres ». Elle n’était pas en mesure de dire si Québec entend nommer plus que 9 des 21 administrateurs du musée, étant donné qu’il est, et de loin, son plus important bailleur de fonds.

Néanmoins, elle entend « appliquer au musée les règles de bonne gouvernance », et « procéder le plus rapidement possible ». 

Dans son rapport, l’expert indépendant croit que le gouvernement doit « mieux encadrer les rôles, les responsabilités de la direction générale et du CA ». 

Il estime que Québec doit « préciser et formaliser » de quelle façon le MBAM lui rend des comptes, « compte tenu de l’apport financier important du Ministère ».

Il recommande aussi d’améliorer la gestion des ressources humaines à l’interne, et d’y « poursuivre la diffusion de nouvelles politiques liées au harcèlement psychologique ».