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La COVID-19 force la suspension d’un procès pour meurtre

Des avocats ont été en contact avec une collègue ayant développé des symptômes

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Le procès d’un Montréalais accusé d’avoir tué sa femme avant de la jeter aux ordures a dû être suspendu jeudi, en raison d’avocats qui ont été en contact avec une personne ayant développé des symptômes de la COVID-19.

« Nous sommes en mode prévention, mais je préfère ne pas prendre de risque, la santé de tous est importante », a expliqué la juge Hélène Di Salvo aux jurés, jeudi au palais de justice de Montréal.

L’annonce a été faite au procès de Simon Brind’Amour, accusé du meurtre au deuxième degré de sa conjointe, Josiane Arguin, survenu en septembre 2018. 

Au moment de la suspension, le jury écoutait son interrogatoire par des policiers, où il aurait avoué le crime, en plus d’indiquer que par la suite, il s’était débarrassé de la dépouille en la jetant dans un conteneur. Le corps n’a jamais été retrouvé.

Or, lundi soir, les avocats de la défense, Maxime Raymond et David Robert Temim, ont été en contact avec une collègue qui a plus tard développé des symptômes associés à la COVID-19.

Contacts

« Ils étaient à leur bureau, la discussion a duré deux minutes et ils portaient un masque », a assuré la juge.

L’avocate est allée subir un test, et en attente des résultats, ses symptômes ont disparu. La juge n’a toutefois pas voulu prendre de risque, malgré toutes les mesures de sécurité prises dans la salle afin d’éviter toute possibilité de propagation du nouveau coronavirus.

« La salle est faite pour éviter les contacts physiques », a-t-elle d’ailleurs rappelé.

La salle d’audience a effectivement été modifiée pour la pandémie, avec de nombreux panneaux de plexiglas qui séparent même les jurés entre eux. 

Les surfaces de travail de chacun sont d’ailleurs régulièrement désinfectées.

Aveux

Cette suspension, qui prendra fin dès que l’avocate en question aura reçu un test négatif, est survenue alors que le jury écoutait les confessions de l’accusé de 38 ans. 

Or, la vidéo de l’interrogatoire rend l’exercice difficile en raison de la mauvaise captation du son, la juge disant même que certaines parties pouvaient être inaudibles et qu’il va y avoir « beaucoup de travail » pour produire des transcriptions fiables.

Dans la vidéo, on comprend des bribes d’informations, comme quand Brind’Amour explique avoir mis le corps dans un sac. 

« J’ai pris le bus avec », semble-t-il dire, ajoutant qu’il « y a des poubelles qui traînaient » et qu’il avait « déposé le sac » pour ensuite rentrer chez lui.

À moins d’un résultat positif pour l’avocate, le procès reprendra vendredi.