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Boeing 737 MAX: vers une remise en service en Europe « d’ici la fin de l’année »

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AFP

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PARIS | Le Boeing 737 MAX, cloué au sol depuis un an et demi après deux accidents tragiques, est en bonne voie pour une remise en service en Europe « d’ici la fin de l’année » après avoir passé avec succès plusieurs étapes de recertification, selon l’Easa, le régulateur européen. 

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« Nous sommes en train de finaliser tout ce qui doit être finalisé et je crois que, pour la première fois depuis un an et demi, je peux dire qu’on voit la fin des travaux sur le MAX et on commence à regarder comment pouvoir remettre en service le MAX d’ici la fin de l’année », a expliqué Patrick Ky, patron de l’EASA (Agence européenne de la sécurité aérienne), au cours d’une conférence de presse à distance organisée par l’Association des journalistes professionnels de l’aéronautique et de l’espace (AJPAE).

C’est principalement le dysfonctionnement du système antidécrochage MCAS, spécialement conçu pour compenser des moteurs plus lourds que son prédécesseur le Boeing 737 NG, qui a été mis en cause dans les deux accidents.

Une myriade de dysfonctionnements techniques ont également été mis au jour, tel que le manque de redondance de certains systèmes, normalement présents en plusieurs exemplaires par mesure de sécurité en cas de défaillance de l’un d’entre eux.

L’appareil s’est récemment rapproché d’un retour dans le ciel avec une série de vols de certification fin juin par le régulateur américain de l’aviation, la FAA, puis début septembre par l’EASA. 

Ces vols « se sont bien passés », selon M. Ky. Mais plusieurs étapes restent encore à franchir avant que les autorités aériennes n’accordent leur autorisation, notamment sur la formation des pilotes.

Plus long en Chine

En revanche, « sur la partie opérationnelle, ça prendra un peu plus de temps selon les États », car la reprise des vols dépendra « de chacune des compagnies aériennes, de chacun des États ».

La certification du 737 MAX en Chine, premier pays à l’avoir cloué au sol en mars, prendra « certainement un peu plus de temps », l’autorité de régulation, selon M. Ky, n’étant « pas encore à envisager des tests en vol ». 

Cette prise de position européenne est « très positive » pour le programme, « le seul grand point d’interrogation est quand l’autorité chinoise va-t-elle agir? », a commenté Richard Aboulafia, expert en aéronautique chez Teal Group.

Les formations proposées par Boeing pour adapter les équipages aux nouvelles procédures suivies par les pilotes ont été examinées en septembre à l’aéroport de Gatwick près de Londres.

Là aussi, « les choses se sont bien passées », a commenté M. Ky, ajoutant que les rapports seront communiqués « dans deux ou trois semaines ».

Selon Michel Merluzeau, expert aéronautique chez Air Insight Research interrogé par l’AFP à New York, les déclarations de M. Ky signifient que l’EASA semble satisfaite « des solutions techniques fournies par Boeing » sur le sujet des sondes d’incidence AOA.

Lors des deux accidents, c’est après avoir reçu des informations erronées d’une des sondes d’angle d’attaque (AOA) indiquant que l’avion était en décrochage que le logiciel antidécrochage MCAS s’était activé automatiquement.

Sur ce point, M. Ky a précisé que Boeing « allait développer une troisième sonde ». Elle sera mise « en œuvre sur la prochaine version du MAX, le MAX-10, qui sera livré dans deux ans », l’ensemble de la flotte des MAX sera alors équipée, selon lui.

En attendant, des « protocoles opérationnels simples » ont été mis en place qui permettent aux pilotes de « gérer l’avion dans les cas d’une sonde d’incidence qui ne donne pas la bonne information ».

Selon les responsables de l’analyse de sécurité de l’EASA, « cette procédure provisoire (est) largement suffisante en termes de sécurité », a-t-il ajouté.

La FAA a été sous le feu des critiques pour avoir confié à Boeing la certification de certains systèmes clés du MAX, dont le logiciel antidécrochage MCAS.

Dans un rapport publié à la mi-septembre, la commission des Transports du Congrès américain a estimé que les accidents mortels du 737 MAX représentent « l’horrible aboutissement » de défauts d’ingénierie, de mauvaise gestion de la part de Boeing et d’un manque de supervision de la part de la FAA.

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