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Les lacunes des CHSLD de la Mauricie exposées dans un rapport

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Le CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (MCQ) a déclaré que de nombreuses mesures ont été mises en place au cours des derniers mois. 

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Le rapport sur l'enquête interne menée dans trois CHSLD de la Mauricie a établi que le virus est entré par le personnel dans deux des trois centres d’hébergement. 

Le document de 27 pages revient sur les lacunes observées lors des éclosions au CHSLD Laflèche, à Shawinigan; au CHSLD Monseigneur Paquin, à Saint-Tite; et au Centre Cloutier-du Rivage, à Trois-Rivières. 

Il est possible d'y lire que les pratiques de prévention et de contrôle des infections n’étaient pas adaptées dans les établissements et qu’il n’y avait pas de mesures de soutien et de surveillance sur l’application des directives pour éviter la transmission du virus. 

Un délai de 14 jours a été observé au CHSLD Laflèche avant que l'on constate l’ampleur du problème et que l'on mette en place des mesures pour contrôler l’éclosion. 

«Bien que le rapport de l’enquête interne soit rendu public aujourd’hui, la préparation à la deuxième vague s’est amorcée en parallèle et s’est effectuée de façon continue tout au long de la période estivale. Les conclusions de l’enquête démontrent bien que les préparatifs de l’établissement, notamment au regard de la gestion et des actions à poser en CHSLD, s’attardaient aux bons enjeux», a affirmé Carol Fillion, président-directeur général du CIUSSS MCQ. 

Les auteurs du rapport émettent douze recommandations, parmi celles-ci: stabiliser les équipes de travail, ajouter des formations et des intervenants en prévention et contrôle des infections dans les établissements et créer une réserve d’équipement de protection individuelle suffisante pour plusieurs mois à l’avance. 

Au CHSLD Laflèche, la COVID-19 a coûté la vie à quarante-quatre résidents. Treize aînés du CHSLD Monseigneur-Paquin ont succombé après avoir contracté le virus, et cinquante-deux résidents sont morts au Centre Cloutier-du Rivage.

Blâme sévère envers la directrice de santé publique de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec   

Sébastien Houle

L'infectiologue responsable de la prévention des éclosions dans les CHSLD de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec depuis le 16 mai, Lise-Andrée Galarneau, a sévèrement blâmé la directrice régionale de santé publique, la Dre Marie-Josée Godi, pour sa lenteur à agir dans la crise qui a mené à 44 décès au CHSLD Laflèche, à Shawinigan, et à 52 autres au CHSLD Cloutier-du Rivage, à Trois-Rivières.

À force de colliger des données, la Dre Galarneau a développé une expertise dans la gestion de la contagion dans le milieu de la santé. Elle a orienté la lutte au virus vers une application militaire des mesures sanitaires et un dépistage récurrent des travailleurs ayant été en contact avec des personnes infectées.

Or, la direction de santé publique de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec aurait systématiquement fait barrage à ses demandes répétées d'accès aux données.

On prétextait des raisons légales liées à la confidentialité des dossiers.

C'est par le biais des laboratoires que l'infectiologue aurait finalement mis la main sur les données qui lui ont permis de peaufiner sa stratégie en vue d'endiguer la crise qui faisait rage dans les CHSLD de la région.

Les méthodes de la Dre Galarneau faisant leurs preuves, le CIUSSS MCQ s'est finalement rangé de son côté et il a retiré la gestion de la prévention des infections dans les CHSLD des mains de la Dre Godi pour la confier à la Dre Galarneau, en pleine crise.

Un changement de garde qui ne se serait pas fait sans heurts, aux dires de cette dernière.

Le président-directeur général du CIUSSS MCQ, Carol Fillion, se défend d'avoir désavoué la Dre Godi. Il soutient plutôt avoir voulu dégager la responsable de la Santé publique régionale d'une partie de ses nombreuses responsabilités, dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre.

Le CIUSSS MCQ a par ailleurs publié vendredi en fin d'après-midi les conclusions de son enquête interne sur les éclosions survenues dans les CHSLD de la région.

Tandis qu'il multipliait les sorties médiatiques pour tenter de gérer la polémique soulevée par les propos de la Dre Galarneau, M. Fillion a soutenu que la publication du rapport d'enquête au milieu de la tempête n'est que pure coïncidence.

De son côté, la Dre Galarneau a avancé que des vies auraient pu être sauvées si on avait bougé plus vite.