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L’étoile de la côte de Boischatel

Andre Gagne
Photo d'archives André Gagné a porté plusieurs chapeaux dans sa carrière golfique. Mais quand il enfilait celui d’amateur sur les allées du Royal Québec, il était difficile à battre.

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À plus petite échelle, les exploits d’André Gagné lors du Duc de Kent, au Royal Québec, prennent l’allure de celles d’un certain Francis Ouimet à l’Omnium des États-Unis. L’étoile de la côte de Boischatel a rapidement gravi les échelons de son sport.

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Ouimet, un talentueux amateur ayant longtemps vivoté comme cadet et élevé tout juste de l’autre côté de la rue du Country Club de Brookline en banlieue de Boston, avait remporté par surprise l’Omnium américain de 1913.

Durant de très longues années, André Desgagné (à droite) a servi de cadet à son grand ami. Les deux hommes ont d’ailleurs suivi ensemble le tournoi du Duc de Kent le 14 septembre dernier
Photo d'archives
Durant de très longues années, André Desgagné (à droite) a servi de cadet à son grand ami. Les deux hommes ont d’ailleurs suivi ensemble le tournoi du Duc de Kent le 14 septembre dernier

Gagné présente un parcours semblable. Ayant grandi à quelques pas du club de golf fondé en 1874, il y a fait ses premières armes à titre de cadet pendant 12 ans dès le début des années 1950. Un métier qui lui a révélé de grands secrets. Il a d’abord goûté au Kent en trimballant le sac de golfeurs jusqu’au moment de s’y inscrire en 1963. 

Le Duc de Kent c’est, depuis les années 30, le championnat majeur du Québec. Gagné y a inscrit son nom à trois reprises à ses 55 participations. Sa communauté l’a toujours soutenu avec vivacité, fondant ses espoirs sur le héros du patelin.

Au Club de golf de La Vallée du Richelieu en août 2003, le golfeur de Boischatel a remporté le second de ses quatre sacres au championnat sénior du Québec.
Photo d'archives
Au Club de golf de La Vallée du Richelieu en août 2003, le golfeur de Boischatel a remporté le second de ses quatre sacres au championnat sénior du Québec.

« C’est vrai que mon histoire peut ressembler à celle de Ouimet, si on l’adapte à Boischatel, à l’exception que mes parents souhaitaient que je joue au golf. J’étais capable de faire quasi l’impossible pour rivaliser dans le Duc de Kent », raconte le septuagénaire qui, selon ses registres personnels, a terminé deux fois au second rang, en plus des deux fois où il a perdu en prolongation. Quoi qu’il en soit, il a terminé dans le top 10 à 24 occasions. 

« C’est un tournoi qui occupe une immense place dans mon cœur. C’est notre tournoi à Québec. Je me souviens qu’à la fin des années 70, il y avait plus de 2000 spectateurs. C’était grandiose. »

En 2005, Gagné a repris sa couronne de champion sénior provincial des mains de Godin.
Photo d'archives
En 2005, Gagné a repris sa couronne de champion sénior provincial des mains de Godin.

Pas une option

Malgré tous ses exploits, M. Gagné n’a jamais plongé dans l’aventure professionnelle. Souvent courtisé par des clubs, il a refusé leurs offres, se disant pleinement satisfait de son boulot de dessinateur au ministère des Ressources naturelles.

« En 1976, je n’avais qu’à signer le contrat qu’on m’offrait et je devenais professionnel. Mais j’adorais mon travail. J’y suis resté jusqu’à ma retraite en 1997 », raconte-t-il avec fierté.

Il ne s’est pas plus exilé aux États-Unis pour tenter sa chance sur les grands circuits. « J’avais assez d’humilité. J’aimais la compétition. Les tournois amateurs me satisfaisaient amplement. Et je n’aurais pas souhaité vivre dans mes valises en goûtant à la vie publique. » 

Il est catégorique quand il observe son impressionnant palmarès. « Je ne regrette surtout pas mes choix. »