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Miracles promis après le vol chez Desjardins

Une victime des fuites a été contactée «par hasard»

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Des courtiers soupçonnés d’avoir racheté des données volées chez Desjardins promettaient de faire « presque des miracles » pour régler les problèmes financiers d’un couple. En fait, leurs « solutions » lui ont coûté très cher, selon un témoignage au Tribunal des marchés financiers hier.

Ces magiciens de la finance, c’était le courtier hypothécaire Mathieu Joncas et son associé, le courtier en assurances François Baillargeon-Bouchard, à qui l’Autorité des marchés financiers veut faire retirer le droit de pratique.

« Il est très bon, il fait presque des miracles », a assuré le téléphoniste de Joncas à Linda Gosselin, selon son récit au tribunal.

Le courtier lui promettait des fins de mois moins serrées en transférant son hypothèque à une autre banque. Elle et son mari Jean Cormier ont donc accepté de le rencontrer.

Comme Mme Gosselin fait partie des victimes du vol de renseignements personnels chez Desjardins, elle était curieuse de savoir comment Joncas avait eu ses coordonnées. 

« C’est juste du hasard, Madame », lui a-t-il répondu, selon elle.

Joncas a convaincu le couple de transférer son prêt à la Banque CIBC.

Pour éliminer leurs dettes de cartes de crédit, le courtier a aussi convaincu les Gosselin-Cormier de prendre un prêt privé de 32 100 $. Ce n’est que chez le notaire qu’ils ont appris que le prêteur, en fait, était Joncas.

En plus d’un taux d’intérêt de 27,9 %, ils ont dû payer des « frais d’ouverture » et de « fermeture » de dossier totalisant 10 787 $, selon les documents déposés en cour.

Assurer leur prêt

Joncas a aussi affirmé que les Gosselin-Cormier devaient assurer ce prêt privé. Il leur a donc présenté son associé Baillargeon-Bouchard. Il tenait à leur vendre une couverture de 100 000 $ avec SSQ. Le couple la jugeait excessive et l’a coupée de moitié.

Quand notre Bureau d’enquête a publié un reportage mentionnant que Baillargeon-Bouchard avait eu en mains les informations volées à Desjardins en octobre 2019, Mme Gosselin lui a demandé des explications.

« Il nous a rappelés en disant qu’il ne faut pas croire tout ce qu’on dit », raconte-t-elle.

Plus tard, un autre courtier en assurances a expliqué que leur couverture de 50 000 $ était excessive et le couple a résilié la police que leur avait vendue Baillargeon-Bouchard.