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Autonomie alimentaire: le Québec pourrait produire plus, s’il y a de la demande

Groleau
Photo Agence QMI, Pascal Dugas Bourdon Marcel Groleau
Président de l’Union des producteurs agricoles (UPA)

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Si les consommateurs sont au rendez-vous, les agriculteurs québécois sauront répondre à la demande pour plusieurs produits, estime le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Marcel Groleau.

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Le Québec est-il capable de se nourrir lui-même en ce moment ?

Un consommateur qui voudrait manger 100 % local pourrait le faire, mais il se priverait d’une variété d’aliments que les gens sont habitués d’avoir. En théorie, sans doute qu’on peut parce qu’on exporte autant qu’on importe, mais en pratique notre régime alimentaire serait pas mal moins varié et agréable.

Les agriculteurs peuvent-ils produire plus d’aliments québécois ?

Si les consommateurs choisissent plus d’aliments québécois, c’est sûr qu’on va en produire plus. Nous, on ne peut pas pousser le produit. On répond à la demande. Après, c’est un choix de consommateurs, qui peut faire une grosse différence à la fin de l’année.

Pourquoi nos terres sont utilisées pour faire pousser des céréales et du maïs destinés aux animaux ?

C’est parce que le marché que nous avons développé, vu les avantages concurrentiels que nous avons, c’est le porc. C’est un animal qui consomme beaucoup de céréales. C’est cela qui fait que les producteurs produisent du maïs. Ça ne se change pas du jour au lendemain.

Pourquoi on ne peut pas changer cela du jour au lendemain ?

Parce que toutes les terres qui font du maïs ne pourraient pas demain matin être converties en légumes. Un producteur de céréales ne peut pas s’inventer demain matin producteur maraîcher. Ce ne sont pas les mêmes équipements, expertises, connaissances, ni les mêmes marchés. 

Qu’est-ce qu’on pourrait produire davantage au Québec ?

On pourrait produire plus de céréales, par exemple le blé panifiable. On est un importateur de blé au Québec pour Weston et les grandes boulangeries. Il y a une question de climat. Ce n’est pas facile de faire du blé de qualité. On pourrait produire de l’agneau aussi parce qu’on a du fourrage en quantité. Le bœuf également. On est un importateur de bœuf, alors qu’on pourrait en produire beaucoup plus. Il faut travailler par filière.

Mais l’autosuffisance alimentaire est réaliste alors ?

Ça serait une utopie de penser qu’on va être autosuffisant à 100 %, je crois, mais on peut augmenter notre pourcentage d’autosuffisance. C’est certain. On produit plus de légumes qu’il y a 20 ans. La sensibilité des gens pour acheter local a augmenté beaucoup. On a la chance d’avoir la gestion de l’offre, qui améliore notre autonomie alimentaire parce que dans le poulet, les œufs, le lait, on est presque autonome à 100 %, même qu’on exporte dans les autres provinces.

Est-ce que le Québec s’approche de l’autosuffisance ?

On est plus qu’autosuffisant à partir du mois de juillet jusqu’en octobre. Poivrons, légumes, céleris, tout ce que vous voyez sur les tablettes, on produit tout ça au Québec. On exporte dans le nord-est américain. Il y a un grand marché, Boston, New York, les grandes villes. On exporte même des fruits exotiques pour les quartiers chinois de ces villes-là.