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Autonomie alimentaire: une «opportunité extraordinaire», selon le ministre de l’Agriculture

Quebec
Photo d'archives, Stevens LeBlanc

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Avec la pandémie, les Québécois ont été nombreux à prendre conscience de l’importance d’acheter québécois. Le gouvernement Legault entend maintenant saisir la balle au bond et mettre les bouchées doubles pour accélérer la marche du Québec vers l’autonomie alimentaire. Notre Bureau parlementaire en a discuté avec le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne.

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Vous avez annoncé, cette semaine, les grandes lignes de la Stratégie nationale d’achat d’aliments québécois dans nos institutions publiques. Vous souhaitez donc que l’État donne l’exemple aux citoyens ?

Réponse : « Au Québec, ça fait des années qu’on dit que les institutions devraient acheter local, que le gouvernement a un devoir d’exemplarité. Quand je suis arrivé en poste, rapidement, j’ai été interpellé par rapport à ces enjeux-là et honnêtement, on n’avait pas de stratégie. Il y avait des projets pilotes, des choses qui étaient étudiées depuis un certain nombre d’années, mais il n’y avait pas une volonté et un effort concerté de livrer. Alors, c’est à ça qu’on s’est attaqué. C’est vraiment de faire entrer les institutions publiques dans la danse, pour faire en sorte qu’elles contribuent, à la hauteur de leurs moyens, à l’achat local au Québec et qu’elles soient une vitrine, en même temps, pour nos produits, nos transformateurs. »

Pourquoi ne pas avoir fixé d’entrée de jeu, une cible minimale d’achat local pour les institutions ?

Réponse : « Au départ, on n’était devant rien. On n’avait pas de cible, rien. Nous, ce qu’on dit, c’est qu’en mobilisant les institutions vers l’achat local, on va les accompagner, d’abord en faisant un bilan sur où elles en sont. Puis on va leur dire : fixez-vous des cibles. D’un côté plus légal, si nous, le gouvernement, avions ordonné une cible, ça aurait pu causer des problèmes. C’était plus délicat du point de vue des accords et de ces choses-là. L’approche qu’on a, c’est : au lieu d’être coercitif, on voit ça comme un projet de mobilisation, d’accompagnement. »

Et pour convaincre les Québécois d’acheter local, croyez-vous aussi qu’il y a encore beaucoup de chemin à faire ?

Réponse : « Toujours, mais ce qui vient de se passer depuis quelques mois, avec la pandémie, c’est une augmentation, de plusieurs crans, de la sensibilité des Québécois envers l’importance d’acheter québécois. On a une opportunité extraordinaire, que ce soit le gouvernement, les producteurs, les transformateurs, les détaillants, de saisir la balle au bond et d’amener ça encore plus loin. [...] Il y a un momentum. On entend capitaliser là-dessus. »

Lorsqu’on regarde du côté de la production maraîchère, un de vos engagements est de doubler la superficie de serres disponibles au Québec. Lorsqu’on se compare avec l’Ontario, ça ne vous rend pas un peu jaloux ?

Réponse : « Bien, ça nous donne une idée de ce qu’on peut accomplir. La réalité de l’Ontario est concentrée dans une région particulière. Ils ont plus d’années d’expérience que nous dans ce domaine-là. En réalité au Québec, on produit 6 ou 7 pour cent de la production en serre totale du Canada. Alors, effectivement, on peut dire qu’on a un retard, mais en même temps, ce que je vois actuellement, c’est une opportunité extraordinaire de faire du développement, et on est rendu-là. »

Avec les informations dont vous disposez, êtes-vous en mesure de situer, dans le temps, à quel moment le Québec pourrait atteindre l’autonomie alimentaire ?

Réponse : « Je ne m’avancerai pas sur une date. [...] L’idée c’est d’être toujours meilleur. [...] C’est de consommer davantage ici. Vous allez voir dans les mois qui s’en viennent, toutes sortes d’initiatives qu’on va mettre de l’avant pour encourager encore davantage les Québécois à acheter des produits québécois. La clef, c’est de faire en sorte que le pacte entre ceux qui produisent et ceux qui consomment soit de plus en plus fort. »