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Nouveau talk-show à TVA: rendez-vous au sommet avec Patrick Huard

Patrick Huard
Photo Jocelyn Michel, leconsulat.ca Patrick Huard

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La première fois qu’on a proposé un talk-show à Patrick Huard, c’était au tournant du millénaire, alors qu’il roulait sa bosse comme humoriste et acteur depuis une dizaine d’années. À cette époque, le principal intéressé avait décliné l’offre.

En entrevue au Journal, Patrick Huard affirme avoir repoussé plusieurs opportunités du genre au cours des deux décennies suivantes. Certains projets ont abouti en ondes, d’autres pas. Huard refuse toutefois de donner davantage de détails. Détails qui pourraient sans doute froisser l’ego des personnalités qu’on a finalement retenues pour piloter ces émissions.

Patrick Huard donne plusieurs raisons pour expliquer ses fins de non-recevoir répétées. Sa réticence à « jouer à l’animateur » figure parmi elles. Son manque d’expérience aussi.

Mais aujourd’hui, il croit qu’il a « ce qu’il faut dans son coffre à outils ». Voilà pourquoi, dès lundi, il apparaîtra aux commandes d’un nouveau talk-show intitulé La tour, à TVA.

« Quand tu pognes la cinquantaine, tu peux aborder plein de sujets, déclare celui qui fêtera son 52e anniversaire de naissance en janvier. J’ai du vécu, mon écoute est différente, ma sensibilité aussi. Je suis au bon endroit. »

« J’étais trop jeune pour avoir mon émission à 30 ans. Il y avait plein de monde avec qui je n’aurais pas été à l’aise de parler. Je n’aurais probablement pas été capable de suivre la puck. »

Dans l’actualité

Conçue par Québecor Contenu et développée et produite en collaboration avec Trio Orange (Refuge animal, Ça va bien aller), La tour sortira du moule des talk-shows traditionnels, nous promet-on.

Selon les informations fournies par TVA, Patrick Huard accueillera chaque jour – au cœur d’un décor de grand loft au sommet d’une tour – des personna-lités de différents milieux pour parler de toutes sortes de choses, mais surtout d’actualité.

 « J’ai toujours aimé suivre l’actualité, indique le touche-à-tout. Mes intérêts varient beaucoup. Ça passe du très, très futile et inutile aux affaires plus deep. Je lis les journaux, j’écoute les radios parlées depuis des années. L’économie, la technologie, la politique... Je m’intéresse à plein de choses. Et j’ai mes petites obsessions : la mode, les jeux de société, les montres... »

Patrick Huard dit également avoir soif d’apprendre. Il y a quelques années, il s’est acheté une mappemonde pour combler ses lacunes en géographie, une matière dans laquelle il éprouvait quelques difficultés.

« J’étais nul. Et quand je dis nul, je veux dire nul. Pour moi, l’Amérique du Sud, c’était un concept flou. »

Patrick Huard a accepté d’animer La tour parce qu’il avait envie d’une aventure différente. Et quand on jette un coup d’œil au format de l’émission, on tend à penser qu’il sera servi.

La tour aura son propre univers. Trois groupes de personnes formeront l’entourage de Patrick Huard. Le premier sera composé des « amis » du comédien, rapporte un communiqué de TVA.

En langage clair, on parle de collaborateurs qui viendront participer aux discussions de manière sporadique, comme Guylaine Tremblay, Guillaume Lemay-Thivierge, Karine Vanasse, Jean-Charles Lajoie, Laurent Paquin, Léane Labrèche-Dor, Mélissa Bédard, le Dr Jean-François Chicoine et Philippe-Audrey Larrue-St-Jacques.

Le terme « amis » est employé au sens large, précise Patrick Huard. « J’ai travaillé avec Karine Vanasse juste une fois. C’était sur Taxi 0-22. Mais chaque fois qu’on se croise, c’est tripant. »

« J’étais vraiment content qu’elle accepte de participer au show. Parce que c’est une femme de tête moderne. J’ai hâte qu’elle vienne partager son point de vue. »

Le rappeur Quentin Condo, un visage moins connu du grand public, se joindra également au rendez-vous.

« C’est un ami de pêche, révèle Huard. C’est un gars vraiment intéressant. Un Autochtone, porte-parole des Premières Nations, père de cinq garçons, ex-politicien... C’est un gars super groundé, un artiste, un slameur, super ouvert d’esprit... »

« Il n’y a pas de chronique, poursuit l’animateur. Les gens viennent débattre, placoter, s’exprimer... C’est ce qu’on veut offrir : de vrais échanges. Parce qu’avec les médias sociaux, on dirait que tout le monde crie dans le vide. Il n’y a personne de l’autre bord. »

Un sitcom

En plus des « amis », La tour sera composée de « visiteurs » ponctuels, qu’on appelle traditionnellement des « invités ». Enfin, l’émission mettra en vedette une troisième catégorie de participants : les « voisins » de Patrick Huard. Ces « voisins », qu’on décrit comme des « personnages colorés » qui habi-tent à différents paliers de l’immeuble de l’animateur, composeront la portion sitcom du talk-show.

On y trouvera notamment Stanley, un sympathique comptable, Xavier, un fils à maman souffrant d’un léger handicap intellectuel, Robert, un agent de sécurité qui rêve de devenir humoriste, et Mathieu, un père célibataire qui passe beaucoup trop de temps sur internet.

« La portion sitcom, c’était déjà prévu avant que j’embarque, souligne Patrick Huard. Ma première réaction, ç’a été : Oh boy ! Comment est-ce qu’on va faire ça ? Mais plus on m’en parlait, plus j’étais convaincu que c’était tout à fait acceptable. C’est un peu ce que faisait Marc Labrèche, mais de manière plus assumée et directe. »

Jusqu’au bout

Au moment de notre entrevue, Patrick Huard avait visionné le montage du premier pilote, une émission-test qu’on enregistre avant d’entrer en ondes, et selon ses dires, le mariage sitcom et conversations à bâtons rompus « coulait de source ».

« Pour moi, c’est naturel. Est-ce que les gens vont trouver la même chose ? Je ne sais pas. Mais c’est intéressant de jouer avec ces codes. Jusqu’où est-ce qu’on peut twister la patente ? Est-ce qu’on est capable de faire quelque chose de différent ? »

« La proposition, c’est : je reçois du monde chez moi. Et j’ai tendance à croire que si t’essaies quelque chose, il faut que tu l’essaies jusqu’au bout. Il faut donc que j’agisse comme chez moi. Il faut que j’y aille à fond, c’est-à-dire sans cartons, sans questions, sans formules. Il ne faut pas stager le moment ; il faut le vivre. »

Un talk-show à l’ère COVID  

Pas facile de lancer un talk-show en pleine pandémie. Patrick Huard en sait quelque chose. La tour prendra l’antenne alors qu’on parle de deuxième vague de COVID-19.

« Il y a plusieurs choses qu’on voulait faire qu’on ne peut pas faire, mentionne l’animateur. C’est supposé être chez nous, on veut ça chaleureux, mais en même temps, je n’ai pas le droit de serrer personne dans mes bras. Même m’approcher de quelqu’un, c’est impossible. La mise en scène est compliquée. »

Patrick Huard confirme toutefois qu’il savait dans quoi il s’embarquait au moment d’accepter ce contrat, au printemps dernier. Et puisque l’objectif est d’offrir des entretiens authentiques, la transparence sera de mise devant l’objectif.

« Les gens vont nous voir avec des masques. Ils vont me voir me laver les mains durant l’entrevue parce que je viens de servir un verre à quelqu’un. » 

Les Honorables en 2021  

En préparation depuis bientôt deux ans, la suite des Honorables devrait voir le jour l’an prochain sur Club illico. Signée par l’auteur Jacques Diamant (Toute la vérité, Ruptures), cette deuxième saison s’articulera autour du combat des Dessureaux pour faire libérer Ludovic (Patrick Huard), accusé de meurtre.

Les tournages, qui devaient avoir lieu cet été, ont finalement été reportés en raison du coronavirus. Le réalisateur Louis Choquette (19-Two, Mirador) est toujours attaché au projet.

« Si tout va bien, on pourrait tourner au printemps », indique Patrick Huard. 

Les échos d’Escouade 99  

Virtuellement absent des réseaux sociaux (son dernier tweet date d’août 2014), Patrick Huard n’a pas encore pris le pouls du public sur Escouade 99, l’adaptation de Brooklyn Nine-Nine qu’il a réalisée pour Club illico. Sortie le 17 septembre dernier après quelques semaines de controverse entourant la diversité de sa distribution, la première saison a récolté des critiques favorables, mais Huard n’a presque rien lu.

« J’attends de voir la vibe dans la rue. Je suis très old school là‐dessus. Quand je fais quelque chose, les gens m’en parlent à l’épicerie. Ils me disent “Hey, c’était bon” ou “Hey, je vais passer mon tour”. Mais à cause des préparatifs du talk-show, je n’ai pas eu beaucoup de temps pour aller me promener. »

Chose certaine, Patrick Huard a beaucoup aimé son retour derrière la caméra, 10 ans après Filière 13. « Ça m’avait manqué. Quand on tournait, j’étais comme : “Tabarouette, pourquoi est-ce que j’ai attendu si longtemps ?” Mais la vie, c’est ça. On m’a offert de beaux rôles durant ces années. Bon cop bad cop 2 m’a pris trois ans. Le temps passe vite. »