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La maison qui rend fou

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Obtenir de l’information sur les amendes distribuées aux contrevenants de la COVID-19 relève de l’exploit.

« C’est un peu comme la maison qui rend fou dans Astérix », m’a résumé une de nos recherchistes.

Jugez par vous-même :

  • Nous avons d’abord demandé des statistiques au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), chargé de déposer les accusations. Le DPCP nous a indiqué ne pas détenir de statistiques à ce sujet. Une porte-parole n’était même pas en mesure de nous dire si un seul constat d’infraction avait été remis dans tout le Québec.
  • À la Direction nationale de santé publique, on n’avait pas non plus ces informations et on nous a orientés vers chacune des 15 directions régionales.
  • En parallèle, le cabinet de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, nous a plutôt suggéré d’appeler tous les corps policiers du Québec, chargés de faire appliquer les ordres des directeurs de la Santé publique.
  • La Sûreté du Québec, la police de Montréal et la police de la ville Québec nous ont alors indiqué qu’ils n’avaient pas d’informations sur des cas de gens qui ne respecteraient pas leur isolement. Ils nous ont alors renvoyés... aux directions de santé publique !
  • À Laval, la Santé publique nous dit avoir émis deux ordonnances pour faire respecter la loi... mais la police de Laval, qui doit pourtant transmettre ces ordonnances, n’avait aucune information à ce sujet.
  • La Direction de santé publique de Montréal, contactée lundi matin, n’est toujours pas à ce jour en mesure de fournir un nombre d’interventions policières.

Au moment où le ministre de la Santé, Christian Dubé, demande à tous d’éviter pendant un mois les contacts sociaux pour prévenir une deuxième vague catastrophique, les Québécois sont en droit d’avoir des informations plus claires sur la façon dont est appliquée la loi.