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Quel chef pour sauver le PQ?

Le prochain chef péquiste aura fort à faire pour rendre le PQ plus émoustillant pour les électeurs.
Captures d'écran TVA Nouvelles Le prochain chef péquiste aura fort à faire pour rendre le PQ plus émoustillant pour les électeurs.

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Presque complètement confinée à l’ombre de la gestion de la pandémie s’achève une course à la direction cruciale pour l’avenir du Parti québécois. Même s’ils constatent eux-mêmes l’absence d’engouement, les militants devront choisir celui sur qui ils misent pour revigorer le grand parti, menacé d’une plus grande marginalisation encore en 2022.

Dans un peu plus d’une semaine, les membres et sympathisants pourront commencer à voter en vue de l’élection du 9 octobre.

La course a peiné à susciter un minimum d’intérêt et aucun des candidats ne peut prétendre que l’affaire est dans le sac.

On peut se demander si Paul St-Pierre Plamondon n’est pas en voie de faire le même coup qu’avait réussi Jean-François Lisée, en partant presque de la queue pour coiffer l’adversaire à la ligne d’arrivée.

En juin 2016, Lisée récoltait moins de la moitié des appuis du favori Alexandre Cloutier. Il avait réussi à remonter pour se retrouver au coude à coude en septembre. Puis, le 7 octobre, il passait le knock-out au jeune élu du Lac-Saint-Jean au deuxième tour, dans un scénario digne de Rocky.

Cette fois, c’est l’ex-ministre Sylvain Gaudreault qui campe le rôle du meneur devant regarder dans le rétroviseur.

Pas de tendance claire

Les appels logés à des militants d’un peu partout au Québec ces derniers jours ne permettent pas de déceler une tendance claire, mais la course semble se resserrer autour de Gaudreault et PSPP, surtout dans les régions.

Interrogé avant la publication d’un sondage démontrant qu’il n’y a plus que 5 points d’écart entre les deux, un militant appuyant fermement le député de Jonquière reconnaissait jeudi que «Paul, il s’approche».

Un autre se montrait incertain de l’issue du vote, mais disait entendre davantage parler de PSPP et Guy Nantel autour de Montréal.

«Gaudreault me semble être parti premier, mais n’a pas réussi à galvaniser. Et si tu n’oses pas présentement au PQ, je ne sais pas quand tu vas le faire.»

Quel engouement?

Un de ceux ayant fait des appels pour renouveler des cartes de membre admettait ne sentir d’engouement pour aucun des candidats.

«Il n’y a pas d’appétit pour nous, la course n’a aucune résonance», se désolait un autre péquiste pure laine inquiet pour la «cause», tout en soulignant le courage des quatre volontaires.

C’est là l’immense défi qu’attend le prochain chef. Susciter l’intérêt à l’extérieur du cercle restreint des initiés.

L’humoriste Guy Nantel vante sa notoriété et son potentiel d’attraction médiatique. Il a pourtant mal joué ses cartes pour faire parler de lui, divulguant sa plateforme d’un seul coup, en soirée, alors que ses adversaires ont disséminé des engagements au fil de la campagne.

St-Pierre Plamondon avait probablement une pente à remonter auprès de plus vieux militants qui ont encore en travers de la gorge son rapport Osez repenser le PQ, dans lequel il dépeignait le parti comme un club social «vieillissant». Il en est sûrement conscient puisqu’il a envoyé une lettre par la poste aux membres plus âgés, moins présents sur les réseaux sociaux. Très actif, il est celui qui a amassé le plus de dons.

Sylvain Gaudreault a mené son meilleur débat de la course mardi dernier. Il constitue la carte fiable, mais la moins épicée.

Quant à Frédéric Bastien, il n’a pas de véritable chance de l’emporter, mais il s’est présenté tel un missile Scud. Le gagnant n’aurait pas tort de s’inspirer de certaines de ses initiatives, alors qu’il a notamment exigé des excuses de Justin Trudeau pour l’emprisonnement de 500 Québécois lors de la crise d’Octobre et dénoncé une juge de la Cour d’appel pour ses propos contre la laïcité. Faites vos jeux... 

Les bulletins  

Vincent Marissal, QS 

Le prochain chef péquiste aura fort à faire pour rendre le PQ plus émoustillant pour les électeurs.
Photo Simon Clark

Il arrive à tout le monde de regretter un tweet. Le député de Rosemont a signalé que François Legault avait reçu son résultat négatif après un test de COVID en moins de 18 heures, alors que les gens ordinaires attendent jusqu’à 5 jours. Pour qu’un premier ministre en temps de pandémie soit efficace, on veut qu’il reçoive son résultat le plus vite possible. Point. 

Sonia Lebel, CAQ 

Le prochain chef péquiste aura fort à faire pour rendre le PQ plus émoustillant pour les électeurs.
Photo Simon Clark

La présidente du Conseil du trésor semble avoir trouvé la bonne voie de passage pour l’ex-projet de loi 61. Elle l’a remodelé afin d’atteindre les mêmes objectifs d’accélération des infrastructures, tout en le délestant de nombreux excès. En prime, explications limpides lors du dépôt. Faudra demeurer vigilant pour les aspects environnementaux toutefois... 

Simon Jolin-Barrette, CAQ 

Le prochain chef péquiste aura fort à faire pour rendre le PQ plus émoustillant pour les électeurs.
Photo Annie T. Roussel

Le ministre avait promis un coup de barre pour redresser la situation du français en milieu de travail. Il a annoncé l’embauche de 50 personnes supplémentaires à l’Office québécois de la langue française, qui retrouve son plus grand nombre d’employés depuis le débat des années 1990. 

Gabriel Nadeau-Dubois, QS 

Le prochain chef péquiste aura fort à faire pour rendre le PQ plus émoustillant pour les électeurs.
Photo Jean-François Desgagnés

Avec éloquence et compassion, le solidaire s’est interrogé sur la suite des choses après la publication du rapport d’enquête sur la résidence Herron. « C’est une honte pour nous tous. On ne peut rien changer au passé, mais il y a des vies qu’on peut encore sauver. » Il a aussi écorché au passage les libéraux qui se scandalisaient, alors que le rapport « les blâme directement ».

En vrac     

En bas de la ceinture

Le prochain chef péquiste aura fort à faire pour rendre le PQ plus émoustillant pour les électeurs.
Photo AFP

« Ce n’était pas l’opinion du premier ministre du Québec quand il nous a demandé d’envoyer les Forces armées pour aider, justement, les aînés dans les CHSLD. »

– Justin Trudeau, en défendant l’empiétement des compétences provinciales en santé

Le texto de la semaine

Le prochain chef péquiste aura fort à faire pour rendre le PQ plus émoustillant pour les électeurs.
Photo Stevens LeBlanc

Après avoir dit que les policiers se verraient confier prochainement de nouveaux pouvoirs pour entrer dans les maisons sans mandat, le Dr Horacio Arruda a consulté son téléphone... puis a retiré son propos quelques minutes plus tard. Magie !