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«That moment-Le pays des cons»: mieux vaut en rire...

That moment-Le pays des cons animera la salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier du 29 septembre au 17 octobre.
Photo Hugo B. Lefort That moment-Le pays des cons animera la salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier du 29 septembre au 17 octobre.

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Par la force de leurs mots, certaines pièces méritent d’être jouées coûte que coûte. C’est, du moins, ce que croit Luce Pelletier, qui a monté That moment-Le pays des cons, dont les représentations s’amorceront mardi au Théâtre Denise-Pelletier. 

Bien que le projet soit «déficitaire avec un grand “D”» en raison d’un maximum d’une trentaine de spectateurs attendus par soir, la metteuse en scène a tenu mordicus à donner vie aux textes de l’auteure Nicoleta Esinencu dans l’intime salle Fred-Barry.

Luce Pelletier a été emballée par la manière unique d’écrire de la Moldave. «Quand j’ai eu l’occasion de lire That moment, ça m’a tout de suite déstabilisée, ça m’a tout de suite amené un pan de pays – la Moldavie – qu’on ne connaît pas, confie la dame de théâtre. C’est une histoire racontée avec une forme très frontale; les gens parlent au public.»

Luce Pelletier
Photo courtoisie, Suzanne O'Neill
Luce Pelletier

Est donc née une pièce courte (50 minutes) divisée en trois parties, à la fois intense et tournée vers la réflexion, qui dresse un portrait peu flatteur du petit pays d’Europe.

Similitudes avec le Québec

Avec un titre aussi évocateur que That moment-Le pays des cons, on comprend immédiatement que l’auteure n’a pas une bonne opinion de sa terre natale. «Elle veut vraiment réveiller son monde», soutient Luce Pelletier.

Cette dernière affirme, dans la foulée, que la Moldavie «nous rejoint beaucoup en terme identitaire, de besoins. En Moldavie, encore aujourd’hui, on se bat pour savoir qui sont arrivés les premiers: est-ce que ce sont les Roumains ou les Moldaves? Quelle est la langue qu’ils doivent parler?»

Par contre, il ne faut pas se fier aux thèmes de la corruption, de la cupidité ou encore du mensonge abordés pour sauter à la conclusion que l’œuvre est sombre.

«Ce n’est pas pessimiste, c’est ça qui est beau, explique la metteuse en scène. C’est très ironique. Elle prend ça [en se disant] qu’on est rendu là. C’est le bout du bout. Ça ne se peut plus. On ne peut pas aller plus loin. Mieux vaut en rire, s’en moquer.»

On danse!

En plus du discours éloquent des cinq acteurs sur scène (Christophe Baril, Sylvie De Morais-Nogueira, Caroline Lavigne, Daniel Parent et Léonie St-Onge), le public aura l’occasion, pendant quelque cinq minutes, d’apprécier leurs mouvements de danse qui viendront clore la pièce.

«Le discours amène ces personnages à vouloir exploser, dit Luce Pelletier. J’ai beau être verbomotrice; des fois, il faut que ça explose par le corps. Donc, quand ça arrive à la fin, ils ont envie et besoin de bouger.»

«Dans That moment, c’est enrageant, mais en même temps, les personnages ne bougent pas et bouillent en dedans. [Le chorégraphe] Sylvain Émard leur permet d’exploser, de nous confier tout le trop-plein qu’ils ont.»

Évolution nécessaire

Comptant près de 40 ans dans le milieu théâtral, Luce Pelletier continue d’enseigner à l’École de théâtre du cégep de Saint-Hyacinthe, où elle prépare les acteurs de demain via Zoom.

Pour elle, il est évident que la COVID aura des conséquences directes sur son art. «Comme créateur, ça m’amène ailleurs. Qu’est-ce que ça va changer à long terme? Je ne sais pas, mais ça fait réfléchir et des fois, ce sont ces déclencheurs qui amènent une nouvelle couche de création, de recherche.»

That moment-Le pays des cons animera la salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier du 29 septembre au 17 octobre.