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Un 13e titre dans la mire

Rien n’est toutefois acquis pour l’Espagnol Rafael Nadal à Roland-Garros

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Photo AFP Rafael Nadal a eu raison de Dominic Thiem lors des finales de 2018 et 2019 à Roland-Garros.

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Quoique battu par l’Argentin Diego Schwartzman sur sa surface de prédilection, en quarts de finale du tournoi de Rome la semaine dernière, Rafael Nadal doit être considéré comme le grand favori des Internationaux de tennis de France qui s’amorcent dimanche.

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Ceux qui avaient toutefois souhaité une troisième finale de suite l’opposant à Dominic Thiem devront revoir leur prévision. Ainsi en a décidé le tirage au sort.

Inscrits dans la même portion du tableau, c’est au plus tard en demi-finale qu’ils pourraient avoir rendez-vous quoique les tours précédents peuvent évidemment nous réserver des surprises.

Si le plus grand joueur sur terre battue de l’histoire du tennis convoite un 13e titre à Paris et un quatrième consécutif, la tâche s’annonce ardue pour lui qui est aussi à la recherche d’une 20e victoire en finale d’un tournoi majeur.

Cette marque lui permettrait de rejoindre Roger Federer qui trône au premier rang de tous les temps. Le Suisse se remet d’une double opération à un genou et ne compte pas revenir sur le court avant 2021, année où il célébrera son 40e anniversaire de naissance.

Contexte particulier

La longue inactivité de Nadal, attribuable à la pandémie, lui jouera-t-elle des tours ? Certains le croient. Reporté de mai à septembre, le tournoi de Roland-Garros se déroulera dans un environnement particulier qui pourrait affecter l’Espagnol.

C’est du moins l’avis du directeur de la compétition, Guy Forget, dans une entrevue accordée à un confrère du site le10sport.com.

« On joue plus tard dans la saison, ce qui aurait pour effet de modifier le rebond de la balle, prétend cet ancien joueur français, jadis quatrième meilleur joueur mondial. Nadal joue avec des effets extrêmement prononcés qui seront peut-être moins marqués cette année.

« Puis, il ne pourra compter sur tous ceux qui se déplacent avec lui habituellement », poursuit Forget.

L’entourage de chaque participant est en effet limité en nombre pour réduire le risque de contamination de la COVID-19.

« Ça semble aussi un détail, renchérit Forget, mais Nadal réclame toujours d’occuper la même chambre dans le même hôtel, ce qui lui est impossible cette année. Donc, il y a beaucoup de spéculations autour de lui. »

En l’absence du « Big Three »

Thiem, lui, fait partie de ces jeunes loups qui n’attendent qu’une faiblesse ou le forfait des principaux ténors de la spécialité pour obtenir la consécration.

Or, l’Autrichien a enfin remporté son premier tournoi majeur le 13 septembre dernier quand il a triomphé de l’Allemand Alexander Zverev en cinq longues manches à Flushing Meadows.

Il est vrai que Thiem a justement profité de l’absence de Nadal et de Federer et de la disqualification du Serbe Novak Djokovic, pour soulever le précieux trophée. La quatrième finale, dont deux à Roland-Garros, aura été la bonne pour le joueur de 27 ans, troisième mondial au classement de l’ATP.

Thiem est devenu le premier nouveau gagnant d’un tournoi majeur depuis Marin Cilic à Flushing Meadows en 2014 et le premier vainqueur hors du « Big Three » depuis le sacre du Suisse Stanislas Wawrinka, obtenu également à New York il y a quatre ans.

Jeunes loups aux aguets

Si Nadal et Djokovic, récent gagnant du tournoi de Rome, sont des candidats logiques à la victoire, d’autres joueurs ont aussi le talent pour rejoindre ce groupe très sélect de vainqueurs d’un tournoi majeur.

À part Thiem, ils ont tous moins de 25 ans. On a nommé Zverez (23), le Grec Stefanos Tsitsipas (22), le Russe Daniil Medvedev (24), et, entre autres, le Canadien Denis Shapovalov (21), qui vient d’accéder au top dix du classement mondial de l’ATP pour la première fois de sa jeune carrière.

Et pourraient ajouter à cette liste de jeunes loups aux aguets, l’Italien Matteo Berrettini, l’Argentin Diego Schwartzman, les Russes Andrey Rublev et Karen Khachanov, ainsi que Félix Auger-Aliassime.

Le Québécois, malgré un parcours difficile à Rome récemment où il a été éliminé d’entrée par le Serbe Filip Krajinovic, fait indéniablement partie de ce groupe de champions en devenir. À 20 ans seulement, il est actuellement le plus jeune joueur classé (21e échelon) parmi les 73 premières raquettes mondiales. 

Les 10 derniers champions à Roland-Garros 

Année  Gagnant  Finaliste
2019 Rafael Nadal (ESP) Dominic Thiem (AUT)
2018 Rafael Nadal (ESP) Dominic Thiem (AUT)
2017 Rafael Nadal (ESP) Stanislas Wawrinka (SUI)
2016 Novak Djokovic (SRB) Andy Murray (GBR)
2015 Stanislas Wawrinka (SUI) Novak Djokovic (SRB)
2014 Rafael Nadal (ESP) Novak Djokovic (SRB)
2013 Rafael Nadal (ESP) David Ferrer (ESP)
2012 Rafael Nadal (ESP) Novak Djokovic (SRB)
2011Rafael Nadal (ESP)Roger Federer (SUI)
2010 Rafael Nadal (ESP) Robin Soderling (SWE)

Murray et Wawrinka ont rendez-vous d’entrée de jeu  

Le tirage au sort des Internationaux de tennis de France nous propose un premier choc prometteur : Stanislas Wawrinka et Andy Murray, tous deux vainqueurs de tournois du Grand Chelem, vont s’affronter d’entrée de jeu, dès dimanche. 

Le Suisse, tête de série numéro 16, aurait certes souhaité un adversaire moins coriace pour sa rentrée à Paris. 

Quant au Britannique, qui a obtenu un laissez-passer des organisateurs, il est maintenant classé au 111e rang mondial après un parcours miné par les blessures ces dernières années.

Ces deux vétérans, âgés de 35 et 33 ans respectivement, sont les seuls joueurs à compter plusieurs titres majeurs à leur palmarès pendant cette ère dominée par Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djokovic qui composent le « Big Three » du tennis.

Wawrinka a remporté le tournoi de Melbourne en 2014, celui de Roland-Garros en 2015 et les Internationaux des États-Unis en 2016. Murray, lui, a gagné la finale du US Open en 2012, avant de conquérir deux titres à Wimbledon, en 2013 et 2016. 

Que 1000 spectateurs par jour sur le site  

En l’espace d’un mois, le nombre de spectateurs autorisés à accéder au site des compétitions aura été revu à la baisse à quatre reprises. D’abord fixée à 20 000 amateurs par jour au début du mois, la capacité a été réduite à 11 500 puis à 5000 avant d’être maintenant établie à 1 000.

Au moment où le taux de contamination connaît une nouvelle hausse inquiétante en France, les organisateurs du tournoi n’ont obtenu aucun privilège de la Santé publique.

Le premier ministre de France, Jean Castex, a fait savoir « qu’il serait appliqué à Roland-Garros les mêmes règles qu’ailleurs, c’est-à-dire une jauge quotidienne de 1000 personnes présentes sur le site. »

Cela dit, ce sera un millier de détenteurs de billets, puisque les gens dûment accrédités, y compris les entraîneurs, officiels et un certain nombre de journalistes, tous soumis à un protocole spécifique, ne sont pas comptabilisés. 

Des bourses à la baisse : la faute à la COVID-19  

Non seulement la pandémie a repoussé de quatre mois la tenue des Internationaux de tennis de Paris, elle aura aussi un effet significatif sur le montant des bourses remis aux joueurs.

Ainsi, les deux lauréats, tant chez les hommes que les femmes, recevront un chèque de 1,6 million d’euros (ou 2,4 M$ canadiens), alors que les gagnants de l’an dernier, l’Espagnol Rafael Nadal et l’Australienne Ashleigh Barty, avaient quitté Paris plus riches de 2,3 millions d’euros. C’est une diminution d’environ 30 pour cent.

Les demi-finalistes, à qui on avait décerné 1,18 million d’euros en 2019, recevront 850 500 euros pour une baisse de 28 pour cent. En revanche, les organisateurs ont bonifié les bourses pour les joueurs perdants lors des trois premiers tours. Ainsi, un joueur éliminé d’entrée percevra 60 000 euros (90 000 $ CAN) pour une augmentation de 33 pour cent.