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Un rapport qui doit être rendu public

Un rapport qui doit être rendu public
Photo d'archives, Simon Clark

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En réplique à l’article paru cette semaine, dans Le Journal, sous le titre «Délégation du Québec à Dakar : la divulgation des informations pourrait nuire à la sécurité de l’État», le ministère des Relations internationales et de la Francophonie invente des motifs pour se soustraire à son obligation de transparence quant à la gestion interne qui y prévalait.

Voici les faits :

1. Lors de ma prise de poste à titre de Déléguée générale du Québec à Dakar, le 25 novembre 2019, j’ai fait des constats préoccupants quant à la gestion interne d’une délégation et une résidence officielle non sécurisée.

2. Le jour même, j’ai demandé, par écrit, à la sous-ministre Barcelo d’envoyer de toute urgence un administrateur expert pour faire l’état des lieux et proposer un plan de redressement de la situation.

3. J’ai aussi demandé d’avoir un administrateur permanent pour que la délégation soit gérée selon les bonnes pratiques de l’administration publique et de la saine gestion des fonds publics.

4. Le 13 décembre 2019, j’ai reçu une note, suite à ma demande du 25 novembre me confirmant l’envoi de l’expert et précisant son mandat. Ce dernier n’a rien à voir avec la sécurité de l’État et tout à voir avec la gestion défaillante d’une délégation.

5. L’expert a été dépêché du 6 janvier au 7 février 2020. Il a remis son rapport à la sous-ministre Barcelo dans la semaine du 10 février. Depuis, le MRIF cache le rapport. Qui cherche-t-on à protéger ? 

6. Le 18 août dernier, j’ai fait moi-même une demande d’accès à ce rapport, et il m’a été refusé, mais pour d’autres motifs, alléguant « que ne pouvons pas vous donner accès au document demandé puisqu’il est formé en substance de renseignements personnels ».

7. Ce motif aussi ne tient pas la route, car on ne parle pas ici de renseignements de simples citoyens, mais d’employés du gouvernement du Québec, payés par les fonds publics, pour des gestes qu’ils ont commis dans l’exercice de leurs fonctions dans une délégation du Québec et un ministère, deux organismes dont le budget est étudié et voté par l’Assemblée nationale.

8. L’obligation de confidentialité qui m’est imposée m’empêche de révéler les choses dont j’ai été témoin. Il est donc essentiel et par souci de transparence que le MRIF rende public ce rapport pour faire la lumière sur cette affaire. 

- Fatima Houda-Pepin,
Ex-Déléguée générale du Québec à Dakar

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