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La vocation de Marie-Jeanne Bérard

Marie-Jeanne Bérard
Photo Chantal Poirier L'autrice Marie-Jeanne Bérard

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Elle se déclarait avec candeur écrivaine à 14 ans, explique ne pas avoir exactement la voix de son époque, est passionnée par la nature et révèle « sentir trop, toujours, tout le temps ». Marie-Jeanne Bérard est une auteure singulière dont les mots et le quotidien semblent portés par un soupçon de magie. 

« Il faut vraiment vivre de la littérature pour qu’un jour, elle vous le rende », lance celle qui vient de publier Mars, son deuxième roman, aux éditions Tête Première.

Lectrice vorace et éternelle amoureuse des mots, l’auteure de 41 ans vivant à Montréal a beaucoup écrit à l’adolescence. De la poésie, beaucoup de nouvelles et des romans dont plusieurs dorment toujours dans ses tiroirs.

<strong><em>Mars</em><br>Marie-Jeanne Bérard,</strong><br>Éditions Tête Première,<br>176 pages
Photo courtoisie
Mars
Marie-Jeanne Bérard,

Éditions Tête Première,
176 pages

Si elle a attendu près de trente ans pour faire enfin le grand saut dans le monde de la littérature, c’est que sa passion des mots aura finalement eu le dessus sur la raison.  

« Quand on est un écrivain, ce qu’on a de plus précieux à donner, c’est notre vision de la réalité, notre regard sur le monde », raconte l’auteure qui en est à son deuxième roman.

Affronter ses démons

Mars, c’est l’histoire d’Anaïs qui, pour une raison inexplicable en apparence, se met à perdre son aspect physique – son corps – s’extrayant ainsi du temps au cœur d’un mois interminable.  

« C’est le moment de l’année entre l’hiver qui est terminé et le printemps qui ne commence pas encore, explique l’écrivaine. Exactement dans le basculement entre la vie et la mort, Anaïs se trouve coincée : plus personne ne la voit, elle ne peut plus poursuivre sa vie. Mais elle ne peut pas non plus s’éteindre et mourir. Pour se libérer, elle doit affronter ses démons, prenant des incarnations troublantes, intérioriser certaines vérités et prendre des décisions. »

De ce roman « rempli de surprises », l’auteure refuse de trop en dévoiler, outre qu’elle s’y penche sur la place de la mort dans le cycle de la vie et sur la nature, son thème le plus précieux. Cette nature qui se transforme en personnage-clé d’un roman aux accents oniriques, fantastiques et mystérieux.

« On dit que j’ai une écriture très sensuelle, mais avec beaucoup de pudeur, dit-elle. Pour moi, la nature a une présence très forte, les cinq sens aussi. Je suis passionnée par les fleurs, les plantes et je suis dans la contemplation. Tout cela s’imprègne dans mon écriture. »

Pas étonnant dans ce cas que l’auteure place Anne Hébert dans la liste de ses influences littéraires « pour la lourdeur dans ses romans et la poésie de la nature ».

« Je voulais vraiment écrire quelque chose d’organique, voire d’animal, sur le cycle de la vie et de la mort, confie-t-elle. Une sorte d’acceptation de ce qu’est la réalité et la condition humaine qui passe par le corps. »