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Macron en Lituanie et en Lettonie sur fond de crise au Bélarus

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Le président français, Emmanuel Macron, effectue de lundi à mercredi sa première visite en Lituanie et en Lettonie, deux États baltes qui espèrent obtenir son appui face à la crise politique au Bélarus voisin et aux pressions russes.

Le président bélarusse, Alexandre Loukachenko, «doit partir», a affirmé M. Macron à la veille de cette tournée, au cours de laquelle il doit rencontrer le Lituanien Gitanas Nauseda et le Lettonien Egils Levits, ainsi que le premier ministre letton Arturs Krisjanis Karins.

La crise politique au Bélarus, pays voisin de la Lituanie et de la Lettonie, devrait être en tête des discussions du Français avec les dirigeants baltes après la réélection le 9 août de M. Loukachenko, accusé par l’opposition d’avoir truqué l’élection et qui est soutenu par Vladimir Poutine.

L’UE comme les pays baltes n’ont pas reconnu cette élection et la Lituanie a donné refuge à la chef de file de l’opposition bélarusse, Svetlana Tikhanovskaïa.

«Crise de pouvoir»

«Ce qui se passe en Biélorussie, c’est une crise de pouvoir, un pouvoir autoritaire qui n’arrive pas à accepter la logique de la démocratie et qui s’accroche par la force. Il est clair que Loukachenko doit partir», a affirmé M. Macron à la veille de son départ, dans des déclarations au Journal du dimanche (JDD).

Les trois États baltes ont décidé des sanctions à l’encontre de fonctionnaires bélarusses jugés responsables de la répression contre l’opposition. L’Union européenne devrait également prendre des sanctions contre le régime bélarusse, lesquelles sont pour l’instant bloquées par le véto de Chypre.

La présidence française a indiqué qu’il n’était «pas exclu» que le président français rencontre à Vilnius l’opposante bélarusse. Svetlana Tikhanovskaïa a déclaré jeudi au quotidien Le Figaro qu’elle «attend beaucoup» du président français et espère qu’il «s’engage pour nous aider à sortir de l’impasse».

«Faire vivre la démocratie»

Dans ses déclarations au JDD, M. Macron s’est dit «impressionné par le courage des manifestants» au Bélarus. «Ils savent les risques qu’ils prennent en défilant tous les week-ends et pourtant, ils poursuivent le mouvement pour faire vivre la démocratie dans ce pays qui en est privé depuis si longtemps», a-t-il salué.

La France réclame pour le Bélarus une transition pacifique, avec la fin de la répression puis par l’engagement d’un dialogue prenant en compte la volonté de la population, «en évitant le risque d’une plus grande répression, voire une intervention de la Russie», a rappelé l’Élysée.

«Il se trouve que j’ai parlé à Vladimir Poutine le 14 septembre, le jour où il recevait Loukachenko à Sotchi. Je lui ai dit que la Russie a un rôle à jouer, et ce rôle peut être positif s’il pousse Loukachenko à respecter la vérité des urnes et à libérer les prisonniers politiques. C’était il y a 15 jours, nous n’y sommes pas», a déclaré le président français au JDD.

Au cours de sa visite dans les pays baltes, «Emmanuel Macron pourrait renforcer la position européenne vis-à-vis du Bélarus, voire jouer un rôle de médiateur entre Loukachenko et l’opposition», estime le politologue letton Marcis Krastins.

Ce voyage s’effectue dans un contexte de tensions avec leur grand voisin russe, provoquées par l’affaire de l’empoisonnement de l’opposant Alexeï Navalny, a aussi souligné la présidence française.

En avril 2018, Emmanuel Macron avait reçu à Paris les présidents des trois États baltes à l’occasion du centième anniversaire de leur indépendance. Il avait alors réaffirmé que la France était à leurs «côtés», notamment «dans le cadre de l’OTAN».

L’Alliance atlantique a déployé des rotations permanentes de troupes en Pologne et dans les États baltes face à la politique jugée agressive de Moscou depuis l’annexion en 2014 de la Crimée ukrainienne.