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J’aurais pu être complotiste

GEN - MANIFESTATION DES ANTIMASQUES
Photo Martin Alarie Des manifestants antimasques ont défilé dans les rues de Montréal le 12 septembre dernier.

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Nous sommes plus nombreux qu’on le pense à avoir, consciemment ou inconsciemment, défendu ou adhéré à au moins une « théorie du complot ».

J’avoue que, jeune adulte, j’ai cru pendant un temps que le virus du SIDA avait été créé pour éradiquer les populations d’Afrique. Et c’est dans le cadre de mes discussions avec des chercheurs africains que cette fantaisie a fini par se dissiper de mon esprit.

Secrets et fantasmes

Nombreux sont celles et ceux qui, un jour, ont cru que des vérités non révélées se trouvaient derrière des portes closes des gouvernements, des conseils d’administration d’entreprises, des cabinets ou des caucus des dirigeants « corrompus » de ce monde. 

Pensons également aux fantasmes nourris par l’État profond (les élites industrielles et financières), les francs-maçons, les Blancs, les Juifs, les Arabes, les Noirs, les Chinois, les Illuminati, les extraterrestres, la NASA, les reptiliens, etc. 

Pensons à Roswell, à JFK, à Lady Di, au 11 septembre, au virus Ebola, à Barak Obama, au tremblement de terre en Haïti et aux autres Protocoles des sages de Sion...

À l’évidence, la pandémie qui nous assaille aujourd’hui n’est pas en reste.

COVID-19 

Les adeptes du complotisme vont jusqu’à remettre en question l’existence même du virus et de la pandémie de la COVID-19. Pour eux, tout est consigné à l’agenda d’une élite manipulatrice mondiale qui bat la mesure... 

Ils sont présents dans toutes les sphères de l’activité humaine. Ce sont nos amis, nos filles, nos fils, nos sœurs, nos frères, nos parents, etc. 

Ils se méfient de tout ce qui incarne l’autorité.

Ils ne font plus confiance aux institutions qui construisent le sens commun : autorités publiques, science, médias, etc. 

Il n’existe aucune loi contre les « théories du complot ». La liberté d’expression a force de loi. Mais les conséquences sociales, politiques et culturelles du laisser-faire ou du laisser-aller peuvent nous mener à terme dans une impasse sanitaire, sociale, économique et politique chaotique. 

Nous devons les prendre en compte et adapter l’information à leurs fantasmes ; sans quoi ils pourraient imposer des perspectives d’une société désorganisée. 

Séparer l’ivraie du bon grain pour éviter le chaos

L’esprit critique est l’antidote. Le vaccin contre l’irrationnel n’existe pas. L’État peut mieux faire en termes de consistance, de cohérence et de transparence dans sa communication.

Chez le grand voisin américain, où le complotisme fait recette, on peut comprendre pourquoi des pans de la société ignorés par la politique et le politique doivent être absolument pris en compte. 

On les traite de tous les noms, et, en retour, ils ne se gênent pas pour les retours d’insultes. Comme dirait l’autre : Kosse ça donne !

Or, ce n’est assurément pas le paradigme idéal pour endiguer le phénomène du complotisme dans la société. Il existe des approches pédagogiques constructives. Activons-les de manière efficiente ; car il en va de notre cohésion sociale et de notre santé démocratique.